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les Acadiens de la péninsule, ayant chez eux des armes, d’avoir à les porter au Fort Édouard, sous peine d’être traités comme des rebelles [1].

Comme on peut le penser, ces procédés n’étaient pas de nature à plaire aux Acadiens, encore moins à gagner leur affection. Avaient-ils donné même des prétextes à des actes aussi arbitraires et aussi irritants ? Pas le moins du monde ! Depuis les incidents que nous avons racontés et qui sont antérieurs de plusieurs mois à ceux qui nous occupent maintenant, il n’est rien aux Archives qui indique uu seul cas d’insoumission. Après ce que nous avons vu de la conduite des Acadiens de Beauséjour, il est à peu près impossible de supposer que Lawrence ait eu recours à cet indigne stratagème parce qu’il craignait une insurrection. Cela prêterait à rire. Le gouverneur avait cependant son but en agissant de la sorte ; et nous croyons que non-seulement la déportation était décidée en principe depuis longtemps, mais que la manière dont elle serait exécutée était dès lors réglée dans tous ses détails. Il fallait qu’elle eût lieu dans le cours de la saison. Le temps pressait. Il lui paraissait donc urgent de rendre plus pesant et plus odieux le joug auquel les habitants étaient soumis, de provoquer parmi eux, par un procédé nouveau encore plus exaspérant que les autres, des mé- .

    ves. Les procédés (sic) du conseil et autres documents de cette période, furent, comme nous le verrons plus tard, enlevés des Archives. Le Dr. Brown, qui résidait à Halifax, peu de temps après la déportation, a recomposé une partie des faits, au moyen de renseignements et quelquefois de copies qu’il obtint des conseillers de Lawrence encore vivants, ainsi que des personnes qui avaient été témoins de la déportation. »

  1. Le MS. original — fol. supra — porte la note suivante : « I have this order — a new outrage. » (Note de la main du Dr. Brown.) Cf. Can. Fr., loc. cit. — où, au lieu de order, on lit advertisement.