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ses prévisions, Lawrence avait eu la précaution de faire publier une proclamation, dans laquelle il avertissait les Acadiens qu’ils demeuraient toujours sujets anglais, qu’ils n’étaient pas déliés de leur serment de fidélité, et que, s’ils étaient pris les armes à la main, ils seraient traités comme des rebelles [1].

Les prévisions de Lawrence se trouvèrent pleinement justifiées. Malgré les efforts des Français et leurs menaces, trois cents Acadiens seulement, sur quinze cents, prirent les armes ; et encore, nombre d’entre ceux qui s’armèrent réussirent à déserter ; finalement, ceux qui restaient refusèrent de combattre, et Beauséjour dût capituler [2]. Pour celui qui considère les faits sous leur vrai jour, ces Acadiens s’étaient acquis, non-seulement le pardon, comme le comportait la capitulation, mais encore une étemelle reconnaissance de la part de l’Angleterre, pour une conduite qui valait à celle-ci gloire, prestige et accroissement de territoire. A tout événement, s’ils étaient pardonnes en vertu de l’article de la capitulation qui les concernait, leur sort

  1. Nov. Sco. Doc. Akins. P. 241-2. Gov. Lawrence to Capt. Murray. Halifax, 27th May, 1755.
  2. L’édition anglaise (I, 392) porte ici une note à quoi rien ne correspond dans le MS. original — fol. 484. Nous la traduisons : « De Vergor et de Villeray furent, trois ans plus tard, traduits devant un conseil de guerre à Québec, pour répondre de leur lâcheté dans le siège de Beauséjour et de Gaspereau. « De Vergor et de Villeray, disent les Mémoires sur le Canada, furent acquittés ; le premier expliqua sa faible défense par le fait que les Acadiens refusèrent de lui prêter secours et provoquèrent une mutinerie. »

    Cf. au sujet de ce procès : Ferland, II, ch. XXXVIII. P. 556. Et surtout, Chapais, Montcalm, ch. X. P. 324 et seq. — Ce conseil de guerre fut tenu à Québec les 22 et 24 octobre 1757. Montcalm avait refusé d’en faire partie. Le procès fut dérisoire — Le récit de M. Chapais nous semble donner de cet incident une idée définitive. — Cf. A. C. Île Roy. C. G. 1755. vol. 35, ch. II, nov. 10, 1755. Louisbourg. Drucourt au ministre.