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Malgré sa l’utilité, et afin de ne lieu laisser de côté de ce que nous trouvons au volume des archives, pouvant avoir une signification défavorable aux Acadiens et à leur esprit de soumission, nous rapporterons brièvement un autre incident qui eût lieu huit mois après celui que nous venons de raconter. À la date du 27 mai suivant, 1755, Lawrence écrivait à Murray une lettre dans laquelle il l’informait qu’il avait appris par le major Handfield, d’Annapolis, que trois soldats français de Beauséjour étaient dans les cantons des Mines, ostensiblement comme déserteurs, en réalité pour séduire les habitants, et les engager, soit à prendre les armes, soit à quitter la province : « Je vous engage fortement à faire appréhender au plus tôt ces prétendus déserteurs. Si vous réussissez, dans les vingt-quatre heures, à opérer leur capture secrètement, j’en serai content ; sinon, je désire que vous lanciez une Proclamation offrant une récompense de vingt livres sterling à quiconque indiquera l’endroit où ces soi-disant transfuges pourront être appréhendés. Vous répandrez cette proclamation par l’entremise des députés, que vous assemblerez à cet effet… Vous leur direz que si quelques-uns des habitants, jeunes ou vieux, offraient d’aller à Beauséjour, ou de prendre les armes, ou d’induire les autres à commettre quelque acte d’hostilité contre les Anglais, ou de faire quelque déclaration en faveur des Français, ils seront traités comme des rebelles, leurs propriétés et leurs familles seront immédiatement soumises à la contrainte militaire ; et vous ajouterez qu’au cas où l’on réussirait à les appréhender eux-mêmes, ils auront à subir toute la rigueur de la loi, et toutes les sévérités qu’il me sera possible de leur infliger…

« Je désire que vous lanciez sur-le-champ une proclamation en mon nom, offrant une récompense de vingt livres