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que des idées. Car, sous ces divers rapports, l’ouvrage présente des imperfections. Cependant, nous ne nous sommes pas cru autorisé à de pareilles transformations qui en eussent trop changé l’armature et l’ordonnance générale, lesquelles demeurent absolument ce qu’elles sont dans l’original. Que si on les trouve défectueuses en certains endroits, la faute n’en est pas à nous. L’on remarquera seulement que lorsqu’une note marginale du manuscrit renvoyait à l’édition anglaise, nous avons toujours référé à celle-ci et tenu compte de ce qu’elle pouvait présenter de nouveau ou de différent.

L’histoire est encore, elle est peut-être surtout, une science, science extrêmement positive, à base de faits et de témoignages, science dont les procédés ont quelque chose de géométrique. Son objet est la vérité. N’est-ce pas Cicéron qui disait de l’histoire magistra veritatis ? Elle a aussi sa philosophie. Prenons ce fait de la déportation des Acadiens : personne ne songe à le nier ; sa réalité s’impose avec la clarté de l’évidence. Mais que de considérations, que d’explications différentes, à propos d’un fait que tout le monde admet ! Les uns le justifient, les autres le condamnent. Où est la vérité dans tout cela ? La vérité ne peut être cherchée dans les principes de telle école ou dans l’étroite logique des sentiments nationaux. Ce fait est-il réprouvé ou non par la morale éternelle, transcendante aux questions de races ? Pour le savoir, on l’étudiera dans ses causes, ses circonstances de temps, de lieux, de personnes. Sans philosophie, l’histoire est une sèche nomenclature. Mais la saine philo-