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tournures, ses expressions, tout en faisant entrer son style dans la saine tradition française ; chaque fois qu’il n’a pas été nécessaire, pour obéir aux lois imprescriptibles de la syntaxe, de le corriger ou de le retoucher, nous l’avons laissé en l’état ; lorsque, sur tel ou tel point, nous avons dû rectifier la pensée, comme à la fin du chapitre XV, par exemple, où le texte original porte que l’abbé Maillard se fit assister à ses derniers moments par le ministre protestant d’Halifax « dont il s’était fait l’ami » — pouvions-nous laisser passer une telle monstruosité doctrinale ? — nous avons, en note, cité les paroles mêmes qui ont appelé la rectification, en sorte que l’ouvrage Acadie est bel et bien la reproduction intégrale du MS. authentique rédigé par Édouard Richard, et tout entier écrit de sa main. Est-il besoin d’ajouter que c’est pour la première fois que cet ouvrage voit le jour ? Car l’édition anglaise n’était pas l’œuvre de Richard, c’en était la traduction, exécutée par un autre.

Or, une traduction est une traduction. Si bonne qu’elle soit, si exacte, si fluide, si élégante, de si près qu’elle serre le texte, si fidèlement qu’elle en reflète la pensée et le tour, elle n’est pas plus l’ouvrage même qu’une gravure faite d’après un tableau n’est ce tableau. C’est ici qu’il y a transposition. L’édition anglaise d’Acadie est sans doute un excellent travail ; de bons juges l’ont admirée et louée. Édouard Richard a déclaré la faire sienne, il l’a donnée comme renfermant l’expression adéquate de son manuscrit. Nous l’admettons pleinement. Outre que ce suffrage était mérité, si l’on considère la valeur intrinsèque de cette ver-