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« … il y a une amélioration dans la conduite des Français, aux Mines et à Piziquid ; ils ont, cette année, bien cultivé leurs terres, et moissonné d’abondantes récoltes ; ils ont du mais en quantité telle qu’à part ce qu’il leur en faut pour le besoin de leurs familles, il leur en restera beaucoup dont ils pourront disposer au dehors : cela est fort heureux pour la colonie, à ce moment critique pour elle. Ce ne serait à l’avantage ni des habitants français ni des Indiens d’envoyer des Allemands dans cette partie du pays [1]… »

Jusque-là, et à plusieurs reprises, Cornwallis avait suggéré de disséminer parmi les Acadiens des colons protestants « afin de détruire leurs préjugés romanistes ». Chaque fois, les Lords du Commerce avaient rejeté sa proposition, et maintenant Cornwallis semblait gagné à leurs vues. Nous avons lieu de croire que l’attitude du gouverneur à l’égard des Acadiens avait subi un notable changement. En septembre 1750, il avait proposé Lawrence comme lieutenant gouverneur d’Annapolis et son successeur éventuel [2]. Cependant nous voyons que ce fut Hopson qui lui succéda à son départ en 1752. En 1750, Cornwallis inclinait aux mesures violentes ; et Lawrence était, entre tous, celui qui pouvait le mieux le continuer ou renchérir sur lui. On ne peut douter que, dans cet espace de deux années, une grande transformation ne se soit opérée dans la conduite de Cornwallis : il avait dû comprendre qu’il avait d’abord fait fausse route, que la dureté et la raideur suscitent les obsta-

  1. Gov. Cornwallis to Lords of Trade and Plantations. Halifax. 4 sept. 1751. Akins, p. 643.
  2. Can. Arch. (1894) « …the lieut-governorship should be held by a military man… recommends lieut. col. Lawrence. » Cornwallis to Lords of Trade. B. T. N. S. vol. 10. G. 24.