Page:Richard - Acadie, reconstitution d'un chapitre perdu de l'histoire d'Amérique, Tome 2, 1916.djvu/126

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


la dénomination vague de « Un officier français » ; ou encore, référer simplement à ses lettres, ou, pour celles qui s’y trouvent, à la page du volume des Archives de la Nouvelle-Écosse [1] ; le nommer sans commentaires ; ou bien, déclarer quelle sorte d’emploi il avait exercé, quitte à dire sur son compte un mot favorable, pour atténuer et comme assourdir l’effet qu’une telle révélation produirait ; ou enfin abriter cette autorité plus que douteuse derrière un nom respectable. Or, Parkman, au lieu de choisir telle ou telle de ces alternatives, a cru plus habile de les adopter toutes successivement, en procédant par gradation, de manière à préparer savamment l’esprit du lecteur à gober son homme. De la sorte, il pouvait se dire qu’en cas d’attaque, il aurait cinq portes pour sortir, sans compter les fenêtres. En fait d’astuce, il serait difficile de rien trouver qui égale ceci. Pour lui, il semble que la question consistait à se ménager des issues, au cas où son truc fût éventé. Mais cela était bien improbable. Qui se donnerait la peine de fureter, de

  1. Le MS. original (fol. 343) a ici la note suivante : « Le compilateur a cédé à la même tentation ; il a introduit quelques-unes des lettres de Pichon dans le Vol. des Archives. Arcades ambo. »

    Voici ce que nous trouvons dans Akins à la page 229, une lettre de Pichon au capitaine Scott, en date du 14 oct. 1754 ; page 238, une lettre du même, en date du 9 nov. 1754, il n’est pas dit à qui adressée ; le reste se compose de trois documents dont Pichon avait pris copie et qui ont été trouvés dans ses papiers, les fameux Tyrrell’s Papers. Nous devons ajouter, pour être équitable, qu’au bas de la page 229, Akins a consacré à Pichon une note biographique dans laquelle il expose franchement ce qu’il fût. Le compilateur le donne comme espion et traître.

    Les deux mots latins, à la fin de la citation de Richard, sont classiques :

    Ambo florentes œtatibus, Arcades ambo :
    Et cantare pares, et respondere parati
    .

    Virg. Egloga Septima. 3-4.