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Page:Ribot - Revue philosophique de la France et de l’étranger, tome 18.djvu/281

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φως.

et 145. Wz\ παπταίνουσα προ; αυγας τ^ΐίοιο'

Je n'hésite pas à contester l'authenticité du premier vers, qui me paraît calqué sur celui d'Empédocle :

245. Κυκλοτερές περ\ γαΐαν ελίσσεται άλλότριον φως.

et qui peut avoir été interpolé dans l'œuvre de Parménide par quelque néopythagoricien jaloux de faire remonter jusqu'au maître la découverte qui constitue le plus important titre scientifique d'Anaxagore '.

Quant au second des deux vers précités de Parménide, il doit recevoir une autre explication : il indique seulement que la face lumineuse de la lune est constamment dirigée du côté du soleil, remarque évidemment importante, mais qui diffère essentiellement de la découverte de la cause et qui doit être antérieure à Pythagore lui-même.

Mes motifs sont les suivants 2 :

L'attribution à Anaxagore de la théorie de l'emprunt au soleil de la lumière de la lune est faite par Platon dans le Cratyle en termes qu'il serait bien difficile d'expliquer si le disciple de Socrate avait pu trouver cette théorie dans le poème de Parménide.

L'accusation de plagiat portée par Démocrite contre Anaxagore et que rapporte Favorinus (Diogène Laërce, IX, 34) est en réalité favorable au Clazoménien, car il eût suffi à Démocrite de montrer la théorie dans Parménide; au contraire, en déclarant anciennes (âp/aïat δόξοα) les opinions d'Anaxagore sur le soleil et la lune, il se réfère évidemment à des poèmes orphiques 3, à l'authenticité desquels il croit, alors que ces poèmes pouvaient très bien être postérieurs à Anaxagore. Mais, lui fussent-ils antérieurs, il s'y agissait probablement de toute autre chose ; les orphiques, terme sous lequel on peut comprendre au moins une partie des pythagoriens, voulaient assigner dans les astres un séjour aux âmes délivrées de la vie, et retrouver da