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Page:Revue pour les français, T1, 1906.djvu/92

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REVUE POUR LES FRANÇAIS

fois le contrat étant librement accepté, il n’y a rien à lui objecter… en principe.

Ce que je veux signaler aujourd’hui c’est l’abus scandaleux par lequel les pensions sont différées pendant des mois, pendant des années. Combien de fois arrive-t-il qu’un instituteur soit brusquement mis à la retraite : c’est le droit du maître. Mais vous croyez peut-être que, du jour de son renvoi, il va toucher la pension qui assurera son pain quotidien ? Vous oubliez « l’administration » ; il faut des démarches sans nombre, il faut des recommandations de toutes les nuances de l’arc en ciel politique, pour que le ministère liquide la retraite ; les semaines passent, et des emprunts onéreux sont nécessaires : car des agents d’affaires font métier d’avancer, contre de gros intérêts et des commissions coûteuses, quelques petites sommes. Si bien que lorsque la pension arrive avec son arriéré, (sans intérêts naturellement !) le bénéficiaire est accablé de dettes pour longtemps, ou bien il est déjà mort et enterré ; et la famille devra renouveler les voyages lassants au pays des paperasseries, justifier de ses droits à l’héritage, accomplir quantités de formalités avant de recevoir quoi que ce soit.

Que dirait-on d’une Compagnie d’assurances qui ne paierait pas à guichet ouvert le jour de l’expiration du contrat ? Et l’État n’est rien d’autre que l’assureur de ses employés.

Fonctionnaires, que vous êtes heureux !

Henry BRÉAL.


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FRANÇAIS ET ROMAINS EN AFRIQUE



L’établissement de la domination française dans l’Afrique du Nord a eu pour résultat imprévu de faire connaître jusque dans ses moindres détails l’œuvre accomplie en ces mêmes lieux par les Romains voici dix-huit siècles. On était déjà renseigné à ce sujet par ce qu’en ont dit les auteurs anciens mais on ne l’était que d’une manière assez vague ; la découverte de ruines innombrables, l’exhumation de milliers d’inscriptions du plus haut intérêt ont projeté sur cette portion de l’histoire la précieuse lumière des faits. Aussi est-il permis désormais d’établir une comparaison