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Page:Revue pour les français, T1, 1906.djvu/83

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CE QUI SE PASSE DANS LE MONDE

de Nassau qui en hérita. En Luxembourg il n’y a que des filles et point même de neveux ni de cousins proches. En Hollande il n’y a plus personne. Les années passent ; la reine n’a point d’enfants.

Ce sont là de graves conjonctures. Qu’arrivera-t-il ? Des prétendants ou la république ? Le rétablissement de l’ancien stathouderat, appuyé par une forte convention anglo-franco-russe en garantissant la neutralité, serait très probablement la meilleure solution. En tous les cas, l’Angleterre ne saurait permettre à la puissance allemande de déborder sur le Zuyderzée et, si ce fait se produisait, on la verrait de nouveau lancer sur l’empire continental la ruée de coalitions successives. L’histoire est-elle donc vouée à de perpétuels recommencements et y a-t-il quelque part, entre Dordrecht et Groningue, un village obscur destiné à devenir le Waterloo germanique ?

Nouvelles d’Algésiras.

Le 18 janvier dernier, le correspondant du Figaro télégraphiait d’Algésiras à son journal : « L’impression continue à être généralement bonne ». Et beaucoup de ses confrères, d’ailleurs, s’exprimaient dans un sens identique. À la même date pourtant, le représentant du Lokal Anzeiger annonçait : « Une atmosphère d’orage opprime tout le monde ». Il est tout à fait possible qu’en l’occurrence la gazette française se soit trouvée plus exactement renseignée que la feuille allemande mais ce simple petit fait excuse notre silence. Le mois prochain nous parlerons du Maroc et d’Algésiras et sans doute nous aurons quelques conclusions sérieuses à en tirer. Jusque-là, il est entendu que M. de Radowitz et M. Revoil échangent des visites, que M. White se montre optimiste et que M. Visconti-Venosta dit complaisamment à tout le monde : « Voyons, nous pourrions arranger les choses ». Ils ont tous raison… et nous n’avons pas tort de n’y point prêter une trop grande attention. Les véritables négociations se trouvent dans la coulisse et le secret n’en a pas encore transpiré. Les délégués — voilà le seul fait certain — travaillent à portée des canons de Gibraltar et le langage que parlent ces monstres métalliques sera peut-être entendu de la Conférence… Espérons-le car, présentement, ils parlent français.