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Page:Revue pour les français, T1, 1906.djvu/81

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CE QUI SE PASSE DANS LE MONDE

triche-Hongrie font hésiter la Skouptchina serbe établit entre les deux États balkaniques des relations qui indiquent, de part et d’autre, un désir d’entente et sans doute l’arrière pensée d’une future confédération dans laquelle on se flatterait d’entraîner la Roumanie. Ce peut donc être l’amorce d’événements très sérieux. L’Autriche-Hongrie s’en doute bien et sa précipitation à adopter une attitude de menaces et d’intimidation a été si grande qu’elle s’est nui à elle-même. Contre les Bulgares elle n’a guère de recours. Ses exportations en Bulgarie dépassent quarante millions contre à peine neuf millions d’exportations bulgares. Mais avec les Serbes il en va différemment. Ceux-là dépendent d’elle pour près des cinq sixièmes de leur commerce. Le cabinet de Vienne avait beau jeu à réclamer, d’abord, la conclusion préalable d’un nouveau traité austro-serbe et ensuite d’importantes modifications au traité serbo-bulgare. Mais il l’a fait avec tant de violence et une si maladroite affectation de mépris que la Serbie, ayant accordé quelques satisfactions, s’est refusée à aller plus loin et que les négociations ont été rompues. Les représailles ne se sont pas fait attendre et elles ont revêtu un fâcheux caractère d’illégalité. On a tout bonnement, de Vienne, fermé la frontière hongroise au bétail serbe sans avis préalable et en violation des traités encore en vigueur jusqu’au 1er mars. Les bestiaux qui se trouvaient concentrés à la frontière ont dû retourner à Belgrade où l’on semble se dire qu’il est inutile de sacrifier l’amitié bulgare pour une puissance apte à traiter de la sorte un principe essentiel de droit international. Comme la Serbie va perdre néanmoins près de dix-huit millions par suite de la guerre douanière, il n’est pas impossible qu’elle se ravise et cède aux exigences de l’Autriche. Il n’en restera pas moins que le gouvernement autrichien vient de se montrer une fois de plus ce qu’il est depuis tant d’années, maladroit entre les maladroits. À Budapest on n’apprécie pas, d’ailleurs, plus qu’à Belgrade ces façons de matamore dont on a déjà tant souffert. Il n’y a qu’à Sofia que, probablement, on rit sous cape.

Sainte Roulette.

Auriez-vous reçu par hasard l’étonnant prospectus du Club international de Bienfaisance d’Amsterdam ? Vous y aurez lu que cette admirable institution vise à « donner des secours aux vieil-