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Page:Revue pour les français, T1, 1906.djvu/628

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REVUE POUR LES FRANÇAIS

LA PRESSE FRANÇAISE À L’ÉTRANGER



Il paraît qu’il existe à Paris un syndicat de journaux de langue française paraissant à l’étranger. Nous n’en savions rien. Voilà un bon syndicat ! Il devrait être archi subventionné par l’État et par les particuliers et tout porte à craindre au contraire qu’il ne végète dans une indigence relative. Quelle institution pourtant est apte à nous rendre de plus grands services ? L’Indépendance Belge qui nous rend celui de nous révéler l’existence dudit syndicat en profite pour faire un relevé approximatif des journaux publiés hors de France en langue française. Et elle en compte 782. Il paraît du reste que la liste exacte est en voie d’être dressée par les soins du ministère des affaires étrangères ; ce sera là une besogne préliminaire des plus utiles.

Il faut indiquer d’abord que non seulement en Belgique, en Suisse et au Canada presque tous les journaux importants sont écrits en français, mais qu’il en est de même à Haïti et dans l’île Maurice. En Alsace-Lorraine, la presse française malgré que l’administration s’efforce de l’entraver fréquemment arrive à se maintenir d’une manière admirable. Rome possède un grand quotidien l’Italie et la petite ville d’Aoste un hebdomadaire, le Mont Blanc. Londres n’a qu’un hebdomadaire, la Chronique. Mais certains journaux anglais ont publié depuis quelques années des articles en français, fait nouveau qui mérite d’être retenu. Berlin possède un hebdomadaire, héritier du Bulletin International qui parut à Dresde de 1868 à 1870. Il y eut aussi avant la guerre L’Europe de Francfort, feuille tendancieuse qu’il vaudrait de rétablir dans un esprit plus impartial et moins ardent. Sofia lit le Courrier des Balkans. Saluons en passant les deux grands quotidiens de Bukarest, la Roumanie, et l’Indépendance Roumaine. On peut se souvenir que le Courrier Oriental, fondé là-bas en 1860, fut un des plus chaleureux défenseurs de la renaissance roumaine. Le Journal de Saint-Pétersbourg a fréquemment les honneurs de communications gouvernementales officieuses. En Turquie, le Stamboul et la Réforme défendent l’un à Constantinople, l’autre à Smyrne les intérêts français. Le Phare d’Alexandrie, la Bourse égyptienne et le Journal du Caire composent la presse française au pays des Pha-