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Page:Revue pour les français, T1, 1906.djvu/626

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REVUE POUR LES FRANÇAIS

leur pouvoir. Les exploits des coloniaux ne leur avaient pas conquis l’estime britannique ; au contraire, les officiers de l’armée régulière s’en étaient sentis humiliés. Il n’y avait sorte de moqueries, de tracasseries qu’ils n’inventassent pour marquer leurs dédains envers ces lourdauds, ces paysans, ces encroûtés qui ne savaient ni marquer le pas ni tenir leurs distances… Cela n’empêcha pas les coloniaux d’acquérir de l’expérience et du sang-froid, mais cela les empêcha de prendre d’eux-mêmes une opinion trop glorieuse. À cette rude école se formaient aussi des chefs dignes de les commander : Gates, Montgomery, Starck, Arnold, Morgan, Putnam qui devaient former autour de Washington l’état-major de la liberté.

(À suivre.)


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LA DÉCLARATION DES DEVOIRS



Au moment même où l’Assemblée constituante s’occupait de rédiger la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, certains de ses membres proposèrent qu’une Déclaration des devoirs y fut jointe ; mais, dès le 4 août 1789, cette motion fut repoussée. Elle ne devait être reprise, et cette fois avec succès, qu’en 1795. On ne se contenta plus seulement d’amender alors la Déclaration des droits de 1789 ; on rédigea, au lendemain même des excès de la Convention, une Déclaration des devoirs qui est, au demeurant, un recueil de préceptes moraux sauf en ses articles viii et ix dont la portée politique est considérable.

Voici le texte de cette Déclaration, généralement peu connue et qui méritait cependant de n’être point éclipsée pendant plus d’un siècle par la Déclaration des droits laquelle a eu les honneurs de l’affichage jusque dans nos colonies les plus reculées :

Art. i. — La Déclaration des droits contient les obligations des législateurs ; le maintien de la Société demande que ceux qui la composent connaissent et remplissent également leurs devoirs.

Art. ii. — Tous les devoirs de l’homme et du citoyen dérivent de ces deux principes gravés par la nature dans les cœurs : Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fit ; faites constamment aux autres le bien que vous voudriez en recevoir.