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Page:Revue pour les français, T1, 1906.djvu/610

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REVUE POUR LES FRANÇAIS

calme digne et résigné qui sont en train de forcer l’admiration de bon nombre d’incroyants et de sectaires. Il se pourrait qu’il y eût là pour eux le germe d’une popularité future. Mais il est douteux que cette popularité franchisse désormais les monts. Ce qui vient de se passer aura, dans l’avenir, une importance capitale au point de vue religieux, précisément parce que la pensée politique romaine a paru trop nette, dominant de trop haut et éclipsant trop complètement le souci des âmes.

Quant aux stratagèmes successifs imaginés par le Gouvernement français pour se tirer d’embarras, ils manquent d’ingéniosité véritable. Ce sont plutôt ce qu’en argot on nomme des « trucs ». Il n’y avait qu’un moyen d’en sortir. Le maire socialiste de Lyon, M. Augagneur, l’avait indiqué avec sa rude franchise les derniers temps qu’il siégeait à la Chambre, avant de s’en aller à Madagascar remplacer le général Gallieni. Il fallait faire don aux catholiques des bâtiments nécessaires à l’exercice de leur religion et ne plus s’occuper en rien de cette ridicule « police des cultes » qui fait sourire de pitié les libéraux étrangers.


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L’ART CHINOIS



Il est très certain qu’il existe pour tous les peuples des principes ou des germes dominateurs qui, d’un bout à l’autre de l’existence nationale distinguent leur mentalité et la caractérisent. Mais à cet égard la Chine fait preuve d’une stabilité qu’on ne retrouverait nulle part ailleurs se manifestant à un tel degré et durant une aussi longue période. Cette stabilité dans la manière de penser, de sentir et de concevoir se reflète naturellement à travers les productions d’art, quelles qu’elles soient. Elle apparaît principalement en architecture. Beaucoup d’observateurs se sont rencontrés pour faire remonter à la tente des pasteurs mongols l’origine de l’édifice chinois, toujours le même quant à sa silhouette essentielle. On prétend que les Athéniens ont inventé le fronton dont ils ont couronné les façades de leurs temples en contemplant les lignes rigides du Pentelique dressées