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Page:Revue pour les français, T1, 1906.djvu/602

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REVUE POUR LES FRANÇAIS

ments. Cette politique est déplorable et rien n’indique, hélas ! qu’à Berlin on soit prêt d’y renoncer.

En Pologne, la question scolaire est à l’état aigu. Des persécutions sont dirigées contre les enfants rebelles ; on les arrache à leurs parents pour les enfermer dans des maisons de correction. La grande voix de Sienkievicz a trouvé des accents d’une suprême éloquence pour stigmatiser ces procédés indignes d’un pays civilisé. En Belgique et en Suisse, l’action des groupes pangermanistes se révèle agressive et audacieuse. De vagues communautés qui se prétendent lésées dans leurs droits nationaux reçoivent l’appui précis de comités fondés pour encourager et au besoin susciter leurs résistances. C’est toujours la question des écoles qui sert de point de départ. On veut imposer la langue allemande par tous les moyens ; il se dépense à cette besogne autant d’efforts que d’argent. Malgré tout, cela ne rend pas ; la langue ne gagne point et les sympathies reculent.

C’est un gros souci — le plus gros souci du temps présent — que de sentir l’Allemagne ainsi en proie au malaise, à l’aigreur, à la méfiance, soupçonneuse d’autrui et se croyant lésée par tous.

Choses d’Angleterre.

Le ministère que préside avec plus de bonne volonté que de succès Sir Henry Campbell Bannerman continue d’étonner non point seulement les prudes chancelleries mais les bonnes gens simples et frustes. Car il n’est pas besoin d’avoir fréquenté les cours pour deviner que crier officiellement « Vive la douma ! » le lendemain de sa dissolution et dépêcher aux réformateurs russes sous le nez de l’empereur une délégation chargée de les féliciter et de les encourager constituent des incorrections du plus fort calibre. Pis encore. Ce sont là des ingérences caractérisées dans les affaires intérieures d’un pays. Où en arriverait-on si de pareilles mœurs venaient à s’introduire ? Mais Sir Henry Campbell Bannerman est un naïf et, partant, un incorrigible. Dernièrement il nous mettait, nous autres Français, dans un sérieux embarras en proposant solennellement, sans nous avoir consultés, des mesures de désarmement auxquelles, seuls peut-être en Europe, nous ne pouvions souscrire sans danger. Voici maintenant que son collègue M. Haldane, ministre de la guerre, en prononçant un dis-