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Page:Revue pour les français, T1, 1906.djvu/52

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REVUE POUR LES FRANÇAIS

nent mal nos sentiments, autant leurs idées ont peu changé. L’influence de notre civilisation européenne est loin d’avoir été aussi considérable que nous nous plaisons à le reconnaître.

Avec le temps, tout s’arrangera, sans doute, grâce au zèle admirable et à l’intelligence inouie que déploie l’élite, grâce à l’autorité dont elle dispose et aux exemples qu’elle répand. Mais l’obstacle est là, et l’avenir du Japon dépend tout entier de la manière dont il l’évitera.


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LES LENTEURS DE LA PROCÉDURE


Le bon sens, les usages et la loi


Nous avons demandé à M. Henry Bréal, l’auteur bien connu de la fameuse campagne contre l’emploi du « jargon judiciaire » d’indiquer chaque mois, à nos lecteurs, une réforme imposée par le bon sens et facile à réaliser. Voici la première de celles que lui suggèrent sa compétence et son ingéniosité.




Combien de centaines de procès se jugent chaque jour en France et, sur ce nombre, combien y en a-t-il qui ont duré interminablement. La lenteur de notre procédure est un mal dont souffre le pays tout entier. L’activité commerciale est entravée par la complication des affaires litigieuses ; un procès, même s’il se termine par une entente satisfaisante, aura toujours été un mal pour les plaideurs par les pertes de temps et d’argent qu’il leur aura causées. Ce sont là vérités banales.

Il est très difficile de réformer la procédure ; pour cela il faudrait faire des lois et le législateur a d’autres besognes ! De grands