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Page:Revue pour les français, T1, 1906.djvu/427

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LA TRADITION DE LA FRANCE

Le mineur chancelle et s’écroule au fond de l’excavation. Tous regardent stupéfaits

Le Vieillard (après un long silence). — Un peu plus tôt, un peu plus tard ! qu’il dorme avec son or.

Irheuld (menaçant). — Qu’as-tu fait ?

Le Vieillard (avec grandeur). — Retournez sur vos pas, toi et les tiens. (Il ramasse les blocs de quartz et les rejette dans l’excavation).

Irheuld. — De quel droit, vieillard, as-tu tué cette homme ? Pourquoi éclabousser de sang tes cheveux blancs.

Le Vieillard (calme). — Laisse-moi combler le gouffre où allaient s’engloutir la joie, l’amour et l’honneur. Va. Emmenez vos compagnes. Efface à jamais par des baisers le contact immonde de l’odieux métal. Retournez à vos forêts, à vos huiliers. Enivrez-vous des senteurs de la terre. Aimez et oubliez !

Il se remet à combler l’excavation. Irheuld d’un grand geste ordonne le retour. Tous obéissent et reprenant la mélopée initiale gagnent le fond par lequel ils disparaissent. Irheuld qui les a suivis s’arrête, revient vers le vieillard et lui parle avec respect et anxiété.

Irheuld. — Mais toi, vieillard, qui combles cette caverne du mal… toi qui en as écrasé le génie !… qui donc es-tu ?

Le Vieillard. — La sagesse !

Irheuld s’éloigne et disparaît après avoir contemplé une dernière fois la scène. La mélopée s’éteint. Le vieillard achève sa besogne.


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LA TRADITION DE LA FRANCE



Au cours d’un voyage aux États-Unis, M. Ch. V. Langlois, professeur d’histoire à l’Université de Paris, a fait plusieurs conférences dans les Universités américaines. L’une d’entre elles, relative au rôle historique de la France nous a paru de nature à intéresser nos lecteurs. Ne pouvant la reproduire in extenso, nous en donnons un résumé, par extraits plutôt que par analyse, afin de ne pas dénaturer la pensée de l’auteur, auquel nous entendons laisser, d’ailleurs, toute la responsabilité de sa thèse.