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Page:Revue pour les français, T1, 1906.djvu/425

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LE CHERCHEUR D’OR

Le Mineur (montrant sa pioche). — Regarde, c’est du fer. J’ai trouvé cela dans ces pays lointains. Compare ce métal à ton pauvre bâton dont la pointe est durcie au feu.

Irheuld (hautain). — Qu’importe ! Mon bâton me suffit pour lutter contre les ours et, pour toi, mon poing serait assez lourd. Que fais-tu de ce fer ?

Le Mineur. — Je creuse le sol. Je brise les pierres qui me résistent. Je traverserai le monde si je le veux.

Irheuld. — Pourquoi aller si loin ? Le blé nous caresse le visage de ses lourds épis ; les arbres penchent vers nous leurs branches chargées de fruits et les sources, en chantant, glissent jusqu’à nos pieds. Que cherches-tu donc ?

Le Mineur. — De l’or !

Tous (stupéfaits). — De l’or !!

Le Mineur. — Quand je suis revenu je savais bien des choses. Attends ! (Il entre dans la cabane et en rapporte des parchemins couverts d’écriture). — Vois-tu ces écritures ? Je sais lire tout cela. En fouillant le sol, j’ai trouvé des pierres semblables à celles que tu vois là.

Irheuld. — Elles sont mauvaises pour ma fronde. Font-elles du feu ?

Le Mineur. — Non.

Le Vieillard. — Elles sont trop petites pour pouvoir y reposer ma tête.

Le Mineur (irrité). — Vous ne voyez donc pas ces points brillants, ces veines lumineuses ?

Mamrhaah (naïvement, au mineur). — Tu n’as donc jamais vu de vers luisants ?

Le Mineur (s’exaltant). — Si vous saviez ce que recèlent ces pierres, tous qui semblez rire, vous frémiriez de convoitise. (À Mamrhaah, sortant brusquement de sa tunique une chaîne d’or qu’il lui passe autour du cou). — Regarde ce collier. Sens-tu, sur ta gorge, le poids de ses anneaux ? Si tu pouvais te voir dans l’onde claire d’un ruisseau, tu comprendrais combien sont pâles les fleurs dont tu es parée ; seuls ces chaînons te font la plus belle, l’éclat de tes yeux en semble terni.

Mamrhaah (troublée). — Oh ! donne ; veux-tu ?

Irheuld (lui arrachant le collier qu’il jette au mineur). — Rends à ce fou cette chaîne qui semble emprisonner ta raison.

Le Vieillard (au mineur). — Mais tu ne manges pas ces pier-