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Page:Revue pour les français, T1, 1906.djvu/420

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REVUE POUR LES FRANÇAIS

Quoi qu’il en soit, en l’an 250, Septimius Odenath ier se rendit indépendant ; personnage consulaire et sénateur romain, mais d’origine arabe et ne s’étant sans doute jamais complètement occidentalisé il était le chef d’une famille de négociants ; possesseur d’une fortune immense, il avait en outre le goût du pouvoir et le souci du bien public : c’était une sorte de Médicis oriental. L’empereur Valérien coupa court prématurément à sa carrière monarchique en le faisant poignarder. Septimius Odenath ii succéda à son père. Il avait à choisir entre deux alliances celle de son redoutable voisin, le roi des Perses Sapar et celle de Gallien fils et successeur de Valérien sur le trône impérial. Sapar l’ayant, avec son habituelle brutalité, gravement insulté Odenath se rangea du côté de Rome. Trois campagnes menées par lui à la tête d’une forte armée arabe jetèrent bas la puissance de Sapar ; entre temps Odenath ayant changé son titre de prince contre celui de roi vola au secours de Gallien et mit en déroute les rebelles qui cherchaient à renverser l’empereur. Déclaré Auguste et chargé du gouvernement de la partie occidentale de l’empire, Odenath se préparait à entamer une nouvelle campagne contre les Perses lorsqu’il fut assassiné en 267 ap. J. C. par un de ses neveux au cours d’un banquet. Son fils aîné Herode ayant péri en même temps, le roi de Palmyre se trouva être un enfant de cinq ans, Vaballath Athenodore, sous la tutelle de sa mère la reine Zenobie. En réalité Zenobie fut dès lors seule souveraine et son ambition perdit en cinq années tout ce que la robuste ténacité des Odenath avait lentement amassé. Non contente de s’être entourée d’une cour dépassant en magnificence tout ce qui s’était vu jusqu’alors et de recevoir des hommages tels qu’en recevraient plus tard les impératrices de Byzance, Zenobie, du haut de son trône d’or couvert de saphirs et d’émeraudes conçut le plan audacieux de s’emparer de l’Égypte et de la Bithynie et de se proclamer impératrice d’Orient. Les généraux n’eurent garde de l’en détourner et l’Égypte fut rapidement conquise. Il n’en alla point de même de la Bithynie. L’empereur Aurelien, un rude soldat aux décisions promptes, passa le Bosphore avec ses cohortes numides, ses légions, sa cavalerie illyrienne et une partie de sa garde prétorienne et vint forcer à la bataille les soldats de Zenobie. L’armée romaine l’emportait sinon par le nombre du moins par la tactique et l’entraînement sur l’armée palmyre. Deux fois vaincue sous les murs d’Antioche et sous ceux d’Emèse, celle-ci se retira dans Palmyre. La capitale