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Page:Revue pour les français, T1, 1906.djvu/366

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REVUE POUR LES FRANÇAIS

sur la foi d’une annonce insérée dans le Petit Journal, il y a trente ans, possède à présent des propriétés magnifiques dont il tire un revenu important.

Les principales cultures sont actuellement le maïs, le cocotier — pour le coprah — et le café. Certains colons y ajoutent le cacao, la vanille, les épices, la canne-à-sucre, le tabac, le manioc, etc… tous produits rémunérateurs qu’ils écoulent facilement sur les marchés voisins de Nouméa et d’Australie. L’élevage donne également d’excellents résultats. Considérez que la Société française possède là-bas plus de 900.000 hectares de terres également riches, et vous apprécierez quels éléments de fortune peuvent y trouver nos émigrants.

D’après le dernier recensement, ils sont là-bas 375, contre 154 Anglais, non compris les missionnaires des deux nations. Nous savons que les autorités britanniques contestent ces chiffres et accusent 212 Anglais et 352 Français. L’erreur provient de ce qu’elles déduisent, dans leur évaluation, nos missionnaires, tandis qu’elles comptent les leurs…

Les Anglais — nous voulons dire les Australiens, car les Anglais d’Angleterre s’intéressent peu à ces questions — assurent en outre que leur colons, numériquement inférieurs aux Français, sont d’une classe et d’une qualité hautement supérieure. C’est inexact. Plus des 2/3 de nos compatriotes sont de vrais colons cultivateurs installés sur leurs terres avec leurs familles : il n’y a pas le quart d’Anglais dans les mêmes conditions. La plupart de leurs nationaux sont de qualité médiocre. Il n’en saurait, d’ailleurs, être autrement : l’Australie voisine manque de bras, ceux qui veulent travailler sérieusement n’ont aucune raison de la quitter.

La vérité, c’est que les missions presbytériennes mènent contre nos colons une campagne profondément calomnieuse et déshonorante. « Mon œuvre de 20 ans aux Nouvelles-Hébrides, proclamait autrefois dans une lettre particulière, fâcheusement divulguée, le Révérend Paton, leur chef, a été d’inculquer aux indigènes la haine des Français et du catholicisme ». Voilà dans quel esprit de charité évangélique ils ont porté la civilisation dans ces parages ! Leurs manœuvres indignes, qui n’ont pas entamé l’énergie de nos colons, ont soulevé contre nous l’opinion publique australienne et forcé l’Angleterre à une résistance entêtée contre nos justes prétentions. Ils sont ainsi la cause unique d’un malentendu qui, seul, a résisté aux bienveillantes dispositions de l’entente cordiale.