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Page:Revue pour les français, T1, 1906.djvu/363

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LES NOUVELLES HÉBRIDES

question n’est pas encore réglée de façon définitive, qu’elle en exige une solution réparatrice. Son intérêt bien entendu le lui commande.

Le Jardin du Pacifique

Tous les voyageurs qui ont passé aux Nouvelles-Hébrides en ont rapporté l’impression la plus enthousiaste. Pour nous, qui avons visité quantité de pays sous toutes les latitudes, nous n’avons rencontré nulle part d’aspects plus charmants ni de végétation plus intense. Nous renonçons à décrire les merveilles de leurs forêts vierges, le fouillis des branches, l’enlacement des lianes, la puissance de fertilité de ce sol où l’humus s’accumule sans cesse depuis des siècles et des siècles. Ça dépasse l’imagination.

On a tracé, au travers de ces bois, quelques sentiers qu’on pourrait aussi bien nommer des galeries, car on n’y voit pas le ciel, ou des serres, car on y suffoque : reste-t-on quelques jours sans passer, ce temps suffit aux branches pour envahir le chemin et vous barrer la route ; cesse-t-on d’y venir pendant un mois, on n’en trouve plus la trace. Nous avons vu là-bas des arbres, plantés en graines il y a dix ans, qui feraient honte à nos arbres centenaires.

Les espèces sont variées, il s’en trouve de précieuses, d’utiles et de superbes, dont le teck, le santal, le bois de rose, le bois de fer, le cocotier, le bananier, l’arbre à pain, l’oranger, le flamboyant, etc., etc.

Toutes les cultures y sont possibles, depuis nos bons légumes d’Europe jusqu’aux plantes tropicales. On y fait dans une même année jusqu’à trois récoltes de maïs : c’est dire la prodigieuse fécondité de la terre. À ce point de vue, les Nouvelles Hébrides sont mieux qu’un jardin : elles sont un grenier.

Quant au climat, sans être particulièrement salubre, il n’est pas malsain. Sans doute, il ne faudrait pas vivre dans la profondeur humide des forêts, mais tel n’est pas le but des colons. La seule maladie répandue est le paludisme, généralement sans gravité. Encore disparalt-elle au fur et à mesure qu’on débrousse et qu’on substitue la culture rationnelle à la végétation folle de la forêt. Il n’y a pas à proprement parler de saisons. Les pluies y sont fré-