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Page:Revue pour les français, T1, 1906.djvu/361

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LES NOUVELLES HÉBRIDES

toujours l’entraver dans sa marche et lui couper la retraite sans parler de l’incapacité à jamais profiter de ses efforts. Nous citions tout à l’heure le nom de Jacques de Liniers ; il nous eut donné la Plata comme Higginson nous eut donné les Nouvelles Hébrides. Se rappelle-t-on seulement chez nous cet orfèvre de Vendôme, Girodon qui devint vers 1850 sous le pseudonyme de d’Orgoni, secrétaire d’État et généralissime de l’empereur birman ; si on l’eut suffisamment secondé, la Birmanie serait aujourd’hui sous le protectorat français.

Il était donc injuste de dire au début de cet article que la lecture du livre de M. de Villiers semblait plus amusante qu’instructive ; évidemment ses héros se tiennent en marge de l’histoire et pour l’apprendre, il n’est pas besoin de s’occuper d’eux ; mais leurs exploits sont instructifs en ce qu’ils nous rappellent toutes les occasions propices que sans cesse la France laisse échapper d’étendre son influence en soutenant à propos ses nationaux.


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LES NOUVELLES HÉBRIDES



La question des Nouvelles Hébrides est à l’ordre du jour des négociations franco-anglaises. Son règlement affecte beaucoup plus nos intérêts qu’on ne l’imagine généralement. L’effacement de la France aux Nouvelles Hébrides équivaudrait à l’abandon de sa part d’influence dans les mers du Pacifique Sud et serait préjudiciable à sa situation internationale. Le lecteur l’aura vite compris en lisant l’exposé suivant qui lui fera connaître en même temps l’un des pays les plus séduisants qui soient au monde.

Une belle page de notre épopée coloniale

L’histoire de la colonisation française aux Nouvelles Hébrides est à la fois navrante et réconfortante : navrante par l’inertie des autorités officielles, réconfortante par l’intrépidité des initiatives privées.

L’erreur initiale incombe à l’amiral Febvrier-Despointes qui