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Page:Revue pour les français, T1, 1906.djvu/350

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REVUE POUR LES FRANÇAIS

fréquentées. Aussi, faute de bonnes volontés compétentes, le commerce extérieur de la France ne cesse de diminuer par rapport à celui de ses rivales. Malgré les avantages de notre richesse acquise, de notre crédit, malgré la supériorité de notre industrie, malgré les traditions qui ont fait de nous pendant des siècles les fournisseurs attitrés d’un grand nombre de pays, nous sommes partout devancés. « Ce ne sont pas les affaires qui manquent, écrivait récemment M. Auguste Isaac, Président de la Chambre de commerce de Lyon, ce sont les sujets. » Rien de plus vrai. C’est pourquoi nous devons, en attendant mieux, chercher à suppléer au nombre par la qualité en perfectionnant notre enseignement commercial.

À ce propos, l’Institut commercial de Paris vient de prendre une très heureuse initiative en décidant de fonder à l’étranger des succursales. La première a été ouverte, à Liverpool, où nos jeunes étudiants vont se perfectionner dans la langue et les méthodes anglaises. Nous en voudrions voir ainsi dans les principales villes commerçantes du monde. La pratique des idiomes et des caractères étrangers devant beaucoup faciliter l’extension de nos affaires, c’est un moyen qui nous paraît très efficace pour enrayer une crise fatale à l’avenir de notre pays.

La Fortune française en Espagne.

L’Espagne est après la Russie le pays du monde où les Français possèdent le plus de capitaux. Nos compatriotes y ont fondé et y dirigent plusieurs centaines de maisons de commerce — 60 en Catalogne, 60 à Valence, 200 à Madrid, etc., — embrassant la plupart des articles et absorbant plus de 80 millions de francs. Nos biens fonciers montent à 65 millions. Il y a trois banques françaises à Madrid, une à Valence, une à Biscaye, et, dans toutes les grandes villes, des agences du Crédit Lyonnais, représentant un capital d’au moins 35 millions. Les chemins de fer espagnols sont en très grande partie l’œuvre des capitaux français qui s’y trouvent engagés pour une somme colossale : 1.700 millions ! Les entreprises de navigation, de construction de quais, de docks, etc. — ports de Santander, Bilbao, Pasajes — nous prennent 46 millions. Ajoutez 71 millions pour les mines, 175 millions pour les entreprises industrielles et plus de 800 millions pour les fonds d’État, vous trouverez au total à peu près trois milliards, conve-