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Page:Revue pour les français, T1, 1906.djvu/344

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REVUE POUR LES FRANÇAIS

ritoire récemment agrandi, et sur des populations tranquilles et satisfaites. Son voyage en France, longtemps désiré, s’est accompli au mieux de son agrément et de sa dignité. On lui a rendu les honneurs protocolaires et les autorités de la Métropole ont rivalisé à son égard de courtoisie et de bienveillance. La République française a donc singulièrement humanisé les procédés de son illustre devancière sans leur rien enlever de leur force efficace.

C’est l’inconvénient de l’œuvre coloniale que, s’accomplissant au loin dans des milieux entièrement différents des milieux métropolitains, elle puisse être jugée de façon aussi défavorable qu’injuste. Mais il se produit parfois un événement qui oblige les critiques à se taire parce qu’alors l’étape parcourue apparaît soudainement dans son ensemble… Rien de bon ne s’est fait au Tonkin, clamait l’opinion affolée par quelques pamphlétistes aveugles ou intéressés ; l’exposition d’Hanoï s’ouvre et l’énorme progrès réalisé en quinze ans saisit d’étonnement les esprits sincères et réfléchis. Tout va de travers au Cambodge, disait-on encore ; le prince maltraité comme le pays nourrit des arrières-pensées hostiles, le sourire et les paroles de Sisowath ont répondu.

Réjouissons-nous donc, réjouissons-nous de tout cœur du splendide empire mondial sur lequel s’étend l’autorité de la république. La tâche qui s’y poursuit est une tâche d’éducation nécessaire car (les boutades des excentriques n’y changeront rien) ce sont les peuples d’Occident qui sont les représentants et les délégués du progrès ; et cette tâche, d’autre part, s’accomplit d’une façon qui respecte à la fois les droits des protégés et assure la puissance de la France.


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