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Page:Revue pour les français, T1, 1906.djvu/329

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LA VICTIME D’UN DÉLIT EST TOUJOURS CONDAMNÉE

puissances intéressées négociant actuellement cette question du chemin de fer, nous avons tenu à vous l’exposer brièvement.

Il est très évident que leurs rivalités constituent pour l’Éthiopie la meilleure garantie d’indépendance. Malheureusement elles nuisent au progrès du pays. Chaque puissance, préoccupée d’anéantir les projets d’une puissance rivale, dépense en efforts stériles l’activité de ses agents. L’intérêt de l’Éthiopie — qui s’accorde pourtant avec l’intérêt général — est entièrement perdu de vue. L’entente est nécessaire qui substituera désormais, à de multiples tentatives qui s’annihilent respectivement, une coopération utile. Souhaitons qu’elle intervienne à la suite des présentes discussions. La France, amie de l’Éthiopie s’en réjouira.


LE BON SENS, LES USAGES ET LA LOI
par Henry BRÉAL

LA VICTIME D’UN DÉLIT

EST TOUJOURS CONDAMNÉE



La Société a intérêt à détendre les citoyens : elle doit, pour cela, poursuivre les crimes et les délits ; toute la justice répressive est organisée afin de protéger le public. Voilà qui est banal à force d’être vrai et connu.

L’application pratique de la justice répressive devient piquante dans certains cas ; prenons un exemple : un vol est commis, le délinquant est pris sur le fait, il est poursuivi d’office et condamné après la déposition de la victime, qui vient, comme témoin, raconter l’affaire ; la Société est intervenue et a rempli son rôle correctement. Le même vol est commis par le même individu, dans les mêmes circonstances ; la poursuite est intentée avec les mêmes formes ; seulement, à l’audience, la victime, après avoir déposé