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Page:Revue pour les français, T1, 1906.djvu/305

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ARTS, LETTRES ET SPORTS



Il s’est tenu dernièrement à la Comédie Française une conférence d’un genre inattendu. Le Comité International Olympique en avait provoqué la réunion dans le but d’accroître le lustre des Olympiades modernes en leur rendant quelque chose de leur éclat artistique et littéraire d’autrefois. Un certain nombre d’écrivains de renom, de peintres, de sculpteurs, de musiciens, ont répondu à l’appel du Comité et il apparaît qu’en général l’opinion s’est montrée très favorable au projet et a formé le vœu sincère de le voir aboutir. Aussi a-t-on décidé unanimement que désormais les Jeux Olympiques comprendraient, en plus des épreuves sportives qui en sont l’essence, des concours d’un autre ordre destinés à récompenser en littérature, en sculpture, en musique, en peinture et en architecture l’œuvre la meilleure qu’aurait inspirée l’idée athlétique : par exemple une ode à la vigueur corporelle, un groupe de lutteurs, une scène de foot-ball, une marche équestre ou le plan d’un club nautique modèle. Voilà des sujets qui peuvent tenter la plume, le ciseau ou le crayon d’un « jeune ». Ce sera d’autant mieux que les « jeunes » se complaisent de notre temps en d’ennuyeuses et stériles études insuffisamment éclairées par des saillies bizarres ou des audaces de détail dont le public commence à se lasser.

Mais là ne s’est pas bornée l’activité de la Conférence. Les Jeux Olympiques ne procurent après tout que des occasions rares et solennelles d’associer les arts aux sports. Pourquoi ne pas renouveler quotidiennement et dans l’intimité des fêtes locales, cette union si féconde ? L’idée a beaucoup séduit Richepin notamment ; il s’en est fait, au cours des séances, le champion persistant. Elle a triomphé et il en est résulté un certain nombre de résolutions, d’avis plutôt dont toutes les sociétés existantes et celles qui se créeront par la suite pourront faire leur profit.

Pourquoi les gymnastes et les choristes dont les groupements coexistent dans un si grand nombre de localités, persistent-ils à s’ignorer les uns les autres ? Les premiers n’ont rien de plus pressé quand ils organisent une séance que de s’assurer la coopération