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Page:Revue pour les français, T1, 1906.djvu/304

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REVUE POUR LES FRANÇAIS

négligé d’en assurer la publicité. C’est impardonnable. Comme le fait remarquer l’éminent Président de la Chambre de commerce française de Constantinople, M. Ernest Giraud, dans la Revue commerciale du Levant, « il ne suffit pas d’organiser une belle exposition, il faut encore la faire connaître aux personnes susceptibles de la visiter. » « À Constantinople, ajoute-t-il, nous voyons sur tous les murs l’affiche de l’exposition de Milan, ses tableaux-réclame en français, ses livrets, ses cartes postales ont été répandus à profusion : nous en avons reçu un millier pour notre part. De Marseille, rien ne nous est parvenu… Hélas ! Paris n’est guère mieux favorisé. Nous n’y avons pas encore trouvé, sous une forme quelconque, une seule réclame de l’exposition de Marseille.

Même chose se passe depuis longtemps pour nos colonies elles-mêmes. Nous possédons un Office colonial, agence officielle de renseignements coloniaux. Il est inconnu du public. Son directeur, M. le sénateur Saint-Germain, réclame vainement d’indispensables ressources. Il a rapporté d’une mission à Londres que l’Office colonial britannique dépensait annuellement 62.500 francs de publicité. Ce n’est pas énorme, c’est mieux que rien du tout. Cette publicité générale s’ajoute d’ailleurs à la publicité particulière de chacune des colonies. En France, rien de pareil. Nos colonies, ignorées, ne cherchent pas à se faire connaître. Notre administration coloniale s’attarde à son rôle politique et néglige le côté commercial de sa tâche. Elle se croirait déshonorée en s’occupant d’affaires. Hé bien ! quoiqu’en pense l’administration, nos colonies sont avant tout de vastes comptoirs commerciaux, et, puisque la publicité, à tort ou à raison, est entrée dans nos mœurs et y tient la place que l’on sait, elles doivent y consacrer une certaine part de leurs moyens.


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