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Page:Revue pour les français, T1, 1906.djvu/303

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CE QUI SE PASSE DANS LE MONDE

Travail de femmes.

L’Écho des Syndicats et des Mutualités nous donne d’intéressants — et combien attristants ! — détails sur l’exploitation normale des ouvrières à domicile par les entrepreneuses et les grands magasins. Ces femmes s’usent à la besogne et gagnent difficilement de quoi vivre. Tandis que leurs maris ou leurs frères se plaignent de fréquenter l’atelier plus de huit heures par jour elles travaillent fiévreusement douze heures, souvent davantage dans une mansarde étroite et basse où l’on gèle en hiver, où l’on grille en été, troquant leur existence entière contre un salaire qui dépasse rarement 50 fr. par mois et n’en atteint quelquefois pas quarante. Elles n’ont pas le temps de récriminer contre leur sort, et, dès lors, on s’en occupe peu. Elles sont pourtant dignes de pitié. Sur leurs bénéfices dérisoires, il faut prélever, dans les débuts, 10 francs par mois pour acquitter le prix d’une machine achetée par abonnement le double de sa valeur : à défaut d’un seul versement, l’honnête marchand la fera saisir, gardant, bien entendu, — à titre d’indemnité (!) — les sommes déjà versées ; il faut retrancher le loyer, prévoir la maladie, les époques de chômage forcé… et vivre. C’est à ce prix, à la sueur de ces femmes, que les bourgeoises de nos grandes villes trouvent dans les « magasins » ces « occasions » dont elles sont si fières et dont elles se réjouissent innocemment. » Ah ! les jolis coussins, les belles taies d’oreiller, ah ! les magnifiques draps !… si bon marché ! Quelle heureuse chance ! » Toute chance se paie, Mesdames. La vôtre, ici, se trouve payée par plus pauvre que vous. Songez-y quelquefois, et, dans la mesure de vos moyens, réagissez contre ces pratiques monstrueuses, indignes de notre époque et amères à nos cœurs.

Publicité coloniale.

L’exposition coloniale de Marseille a ouvert ses portes il y a deux mois. Elle a été organisée avec beaucoup de soin et mérite d’être visitée par tous les Français, les jeunes surtout, qui ont quelques économies à dépenser pour leur agrément et leur instruction. Encore faut-il le leur faire savoir. Personne n’en parle de cette exposition qui eût dû constituer un événement considérable. Pourquoi ? Tout simplement parce que son administration a