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Page:Revue pour les français, T1, 1906.djvu/298

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REVUE POUR LES FRANÇAIS

plus vive et appréciant à leur juste valeur les qualités brillantes de son peuple. La déception fut pour nous d’autant plus grande en parcourant, hier, les statistiques indicatrices des relations commerciales entre nos deux pays.

Depuis 1892, le commerce franco-espagnol a diminué chaque année de 370 millions de francs en moyenne. Après avoir occupé de tout temps le premier rang parmi les fournisseurs de l’Espagne, nous nous trouvons aujourd’hui dépassés par l’Angleterre et menacés par l’Allemagne et les États-Unis dont les progrès sont en raison directe de notre recul. À quoi tient cette situation anormale ?

D’abord à la difficulté des communications entre la France et l’Espagne. Les Pyrénées, qui ont 450 kilomètres de long, ne sont franchies par le chemin de fer qu’aux deux extrémités : nous perdons ainsi le bénéfice du voisinage. Ensuite et surtout à l’absence d’accord commercial franco-espagnol. Le traité de 1881, très favorable aux deux parties, a été dénoncé en 1892 à la suite d’une campagne protectionniste habilement menée. Conséquence : en dix ans, les importations françaises en Espagne ont baissé de 23 %, et ses exportations, de 62 %.

Une convention de 1904-05 nous a donné satisfaction sur le premier point : trois nouvelles lignes transpyrénéennes seront construites à bref délai. Nous n’en serons guère plus avancés si nous n’arrivons à conclure un nouveau traité de commerce.

La France, qui a placé en Espagne plus de trois milliards de capitaux, mérite la faveur de cette entente économique et peut la réclamer avec une insistance d’autant plus énergique qu’elle apparaît à l’avantage commun des deux pays.

L’éveil de la Chine.

Sans faire beaucoup parler d’eux, les mandarins chinois envoyés en Europe par l’impératrice de Chine pour y « étudier les formes de gouvernement et les institutions » ont achevé leur voyage et viennent de se rembarquer. Nombreux, capables, instruits déjà à la manière occidentale, ils reviendront sans doute dans leur patrie avec une prodigieuse moisson d’informations. Qu’en résultera-t-il ? La Chine, assurément, n’est pas le pays des réformes actives, et chacun sait qu’il y a très loin, là-bas, de l’intention à l’exécution. Malgré tout, le seul fait que des Chinois éclairés s’occupent offi-