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Page:Revue pour les français, T1, 1906.djvu/244

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REVUE POUR LES FRANÇAIS

pure et vers l’exercice de la médecine constitue un événement de premier ordre, à moins que… ce soit l’archevêque de Venise qui ait ainsi parlé. Tout le monde sait la difficulté qu’éprouve le Saint-Père à dépouiller le vieil homme. Il possède, si l’on ose ainsi dire, deux mentalités distinctes : l’épiscopale et la pontificale. La première prend parfois des libertés que n’approuve pas la seconde. N’oublions pas cependant ce qui s’est passé au sujet de l’éducation physique. Pie x a été au delà de ce qu’on attendait de lui. Maintenant qu’une grande fête de gymnastique a eu lieu dans les jardins du Vatican, sur sa demande et en sa présence, la culture musculaire fait définitivement partie de la pédagogie catholique et c’est là une nouveauté de haute importance. Peut-être en sera-t-il de même pour le féminisme. Qui vivra verra.

La crise de la Triplice.

C’est le nom que l’on donne à la querelle germano-italienne. Il est mal choisi. Il n’y a pas crise. Il y a décès. Madame se meurt, Madame est morte. Pendant un certain temps encore on jouera du cadavre et le comte Guicciardini en a joué non sans habileté à Monte Citorio. Il a proclamé le véhément désir du gouvernement italien de maintenir son alliance avec l’Allemagne en même temps qu’il énumérait complaisamment toutes les circonstances propres à enlever à ladite alliance sa signification et sa portée. Le député qui l’avait appelé à la tribune s’était déjà efforcé de parler dans le même sens ; mais il l’avait fait quelque peu lourdement, attirant notamment l’attention de la Chambre sur ce fait que les intérêts italiens et les intérêts allemands ne se trouvaient nulle part en contradiction. Très joli. Quelles sont donc les prétentions qui se croisent à Trieste ? Seraient-ce par hasard celles du Japon et du Pérou ? Le ministre des affaires étrangères s’est gardé de suivre son interpellateur sur un terrain aussi glissant mais il s’est étendu complaisamment sur l’agrément que devaient éprouver les Italiens à être à la fois les alliés de l’Allemagne et de l’Autriche et les amis de la France et de l’Angleterre, donnant du reste à entendre qu’ils devaient tenir aux amitiés encore plus qu’aux alliances. Parbleu, ce sont des amitiés qui rapportent tandis que les alliances coûtent. Seulement, à Berlin où la compréhension n’est pas rapide, on ne s’est pas rendu compte en temps voulu de