Ouvrir le menu principal

Page:Revue pour les français, T1, 1906.djvu/209

Cette page a été validée par deux contributeurs.
147
UNE EXCURSION À MACAO

l’effort lui a été inoculé par les circonstances ; ce moment, c’est le règne d’Élisabeth. La plante longtemps demeurera faible ; plus d’un orage la menacera ; elle s’épanouira enfin au temps de Victoria.

Telles sont les conséquences dominantes du règne de l’étrange princesse, orgueilleuse elle-même et méfiante qui, issue de parents et de grands parents anglais, sans attaches familiales au dehors, préféra demeurer vierge et laisser le trône à un héritier de hasard que d’atténuer, si peu que ce fut, le caractère intensément national de son gouvernement.

(À suivre)

----


UNE EXCURSION À MACAO




notes de voyage


… Nous quittons aujourd’hui Canton pour aller visiter Macao. À travers la foule bruyante et grouillante des coolies, nos porteurs à force d’adresse, de cris, d’injures, de bousculades, nous ont amenés le long des quais jusqu’à l’appontement du Lung Shan où nous prenons passage.

Peu après notre installation à bord, le signal du départ est donné, les gémissements de la sirène, les appels stridents du sifflet, les ronflements de la machine s’ajoutent à la clameur confuse des masses qui nous entourent. Quelle turbulence ! Qui décrira jamais l’invraisemblable encombrement du port de Canton ! Qui dira l’habileté des pilotes à glisser leur navire au milieu des sampams et des jonques qui, par milliers, s’y pressent et s’y meuvent en tous sens !

Nous avançons lentement d’abord. Mais bientôt, sorti d’embarras, lancé en pleine vitesse, le Lung Shan descend la rivière,