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Page:Revue pour les français, T1, 1906.djvu/197

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OLYMPIE



Dans la partie centrale du Péloponnèse, au pied du mont Kronion, au confluent de l’Alphée et du Cladeos, gisent dans leur glorieuse déchéance les ruines d’Olympie, la cité sainte de l’athlétisme antique. Au moment où les Olympiades restaurées attirent de nouveau vers Athènes la foule des concurrents et des spectateurs, il nous a semblé opportun, de rappeler en quelques pages ce qu’il convient de connaître d’un chapitre si curieux, si original de l’histoire grecque[1].

L’existence d’Olympie embrasse une période de 1170 ans, soit de 776 avant J.-C. à 394 après J.-C. Pendant ces onze siècles elle ne cessa de s’embellir mais elle ne s’accrut guère. En somme, ce n’était pas une ville ; dans l’intervalle des Jeux olympiques qui avaient lieu tous les quatre ans, on n’y venait qu’en pèlerinage ou pour visiter ; à de certaines dates, les femmes du pays et des régions limitrophes (on sait que les femmes n’étaient pas admises aux jeux), s’y réunissaient pour célébrer les fêtes dites de Hera. Mais nul n’y résidait en dehors du personnel préposé à la garde des édifices et au service des sanctuaires. C’est à la ville d’Elis qu’appartenait la haute administration des Jeux ; elle désignait à cet effet dix magistrats lesquels entraient en fonctions dix mois à l’avance. Toutefois le centre de cette administration demeurait à Elis. C’est là que se faisaient les engagements (il fallait pour concourir être libre, de race pure, n’avoir commis ni crime, ni impiété — et que les engagés accomplissent le stage de trente jours qui leur était imposé). Puis, tandis que les « messagers de Zeus » parcouraient le monde grec proclamant la trêve sainte, juges, athlètes, chars, chevaux réunis à Elis se rendaient en cortège à Olympie par la voie sacrée et y faisaient une entrée solennelle.

Il devait faire chaud car les Jeux se célébraient à la pleine lune qui suit le solstice d’été (fin juin ou début de juillet). Cette date

  1. Nous renvoyons ceux de nos lecteurs désireux d’en savoir davantage au livre si remarquable de M. Ch. Diehl, intitulé : Promenades archéologiques en Grèce.