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Page:Revue pour les français, T1, 1906.djvu/190

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REVUE POUR LES FRANÇAIS

Juste à ce moment le commerce américain en Asie prit, à la suite de la guerre contre l’Espagne et de l’annexion des Philippines, un développement considérable. Les jaunes entrevirent dès lors la possibilité d’une revanche. Ils se mirent à boycotter tout ce qui venait d’Amérique ; il y eut même des désordres tels que pillages de boutiques ou destructions d’ateliers appartenant à des Américains. La crise a été s’accentuant. Des stocks de marchandises se sont accumulés dans les ports des États-Unis ou dans les usines ; l’écoulement s’en trouve arrêté ; le commerce et l’industrie se plaignent — si bien que des négociations ont fini par s’ouvrir entre les gouvernements de Pékin et de Washington qui aboutiront probablement à des concessions réciproques.

Les syndicats chinois sont très puissants et leur puissance date de loin. On n’aperçoit pas, pourtant, qu’ils aient amené la moindre amélioration technique ni fait avancer en quoique ce soit l’état social de leurs membres. Il faut reconnaître qu’en Extrême-occident comme en Extrême-orient, le syndicat paraît être un engin de lutte bien plus qu’un instrument de progrès.

Question de race.

À l’un des derniers dîners organisés par la vaillante revue l’Énergie Française, M. le Dr Laumonnier a fait une remarquable communication sur ce qu’il appelle la « défense des races ». Les races se défendent selon lui contre tout métissage matériel ou mental par deux procédés principaux, la conquête du milieu et la dégénérescence des métis. Il y a lutte, pour ainsi dire, entre ces deux éléments. Ou bien la race restée dans son milieu, dans son « aire de convenance » arrive à dominer l’individu — ou bien cet individu se stérilise et son sang se tarit en quelques générations. On ne peut nier qu’en effet il ne semble pas exister de races mélangées malgré que le mélange des races s’opère continuellement, « Nous connaissons, dit M. Laumonnier, beaucoup d’exemples de peuples envahis, asservis, exterminés, de conquérants lentement absorbés ou éliminés par la force ; nous n’en connaissons pas un seul de deux races se fondant l’une dans l’autre pour donner naissance à une race nouvelle et stable, différente des souches qui l’ont produite ». C’est peut-être un peu absolu ; mais l’exemple de la Grèce, de l’Égypte, des populations balkaniques, des Français du Canada (ou une vraie atmosphère française a pu