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Page:Revue pour les français, T1, 1906.djvu/139

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L’ARMÉE ET LE TRAVAIL MANUEL

et comme s’il n’avait pas constitué un contrat bilatéral — et, en second lieu, parce que le budget des cultes représentait bel et bien les intérêts d’un capital illégalement confisqué il y a cent ans et qui, partant, ne pouvait être supprimé sans compensation à discuter entre les deux parties. Par contre, l’Église est avantagée en ce sens qu’elle recouvre une liberté qui, par la suite, ne peut manquer de lui être extrêmement précieuse. Et ces droits nouveaux se sont affirmés sans retard. Il fallait bien, du reste, pourvoir aux vacances épiscopales devenues très nombreuses. La cérémonie qui a eu lieu à cet effet au Vatican est un grand acte. C’est la consécration d’un état de choses dont il est impossible de prévoir les conséquences mais dont on peut dire avec certitude que ces conséquences seront favorables à la religion. Cet acte va être suivi d’un autre plus important encore. L’épiscopat français se réunira prochainement en un concile national ; il ne lui avait jamais été donné d’en tenir. À partir de ce jour-là, il existera une église de France. Depuis la Révolution il n’existait plus que des « services religieux de l’État », si l’on peut employer cette expression. C’est donc un peu d’ancien régime que M. Combes se trouve avoir restauré. Car l’Église d’autrefois ne fut pas toujours l’amie du trône ; bien loin de là ; elle en fut souvent le redoutable adversaire. N’oublions pas cet aspect du passé. On a rendu à la religion son indépendance vis-à-vis de César ; tout porte à croire que ce n’est pas César qui y gagnera.


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L’ARMÉE ET LE TRAVAIL MANUEL



Nous avons reçu la lettre suivante :
Messieurs,

Le dernier numéro de votre Revue contenait une étude comparée sur l’œuvre respective accomplie en Afrique, jadis par les Romains et, de nos jours, par les Français. J’ai noté le passage suivant qui a trait à la légion romaine : « La légion se suffisait à elle-même et pouvait à elle toute seule construire une ville ; elle possédait des terrassiers, des maçons, des peintres ; elle possé-