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Page:Revue pour les français, T1, 1906.djvu/133

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CE QUI SE PASSE DANS LE MONDE

risqua à dévoiler publiquement la « dénationalisation graduelle » d’une partie du patrimoine national. C’était là un sujet dont on

Dans l’Amérique du Sud.

n’avait pas coutume de s’inquiéter à Rio-de-Janeiro et dont on persiste à ne pas s’inquiéter. Les Brésiliens pourtant n’aiment guère l’étranger, mais leur insouciance est encore plus forte que leur xénophobie. Ce n’est pas une raison il est vrai, pour crier à la germanisation du Brésil. Songez que l’énorme république se compose de vingt États fédéralisés et que sur ces vingt États il n’y en a que deux, Santa Catarina et Rio Grande do Sul où l’action germanique soit intense. Or, même dans ces États, les Allemands n’atteignent guère que 25 pour 100 du chiffre de la population. En tout ils sont 500.000 sur environ dix-huit millions et les 8.000 k. c. qu’ils détiennent doivent être soustraits d’un total de 8.361.000 k. c. Il ne faut jamais perdre ces chiffres de vue quand on parle de cet énorme pays qui occupe à lui seul près de la moitié de la superficie du continent sud-américain. On ne voit pas une seule nation européenne partant à la conquête d’un tel colosse. Cela étant, que cherchent les Allemands ? À s’enrichir, à faire du commerce, à s’assurer le plus possible d’entreprises fructueuses et de concessions avantageuses ?… Laborieux et persévérants ils ont toutes chances d’y arriver. Mais si, poursuivant la chimère (à laquelle les incitent, les pangermanistes de Berlin) de la constitution en plein Brésil d’un État alle-