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Page:Revue philosophique de la France et de l’étranger, tome I, 1876.djvu/77

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s’associe avec les sensations nouvelles, dès que l’excitation pénètre dans les routes appropriées. »

Nous trouvons donc ainsi d’une manière générale dans l’association des excitations nerveuses : la co-sensation et le co-mouvement, la disposition à une certaine direction, déterminée, et finalement la post-sensation (Nachempfindung). « La post-sensation est au souvenir ce que la co-sensation et le co-mouvement sont à l’association des sensations et des mouvements. »

La reproduction nous apparaît ainsi non plus comme une faculté isolée et spéciale de l’âme ; mais simplement comme un membre d’une plus grande famille : celle des associations.

Cette trace, ce résidu laissé dans les éléments nerveux dévolus au souvenir, peut-il s’expliquer par la loi de persistance (conservation de la force), comme l’a admis Volkmann? — L’auteur expose les raisons pour lesquelles il croit que la persistance des représentations ne peut consister simplement en une action mécanique. La sensation, comme réaction de l’âme contre un mouvement physique, ne peut être comparée à aucune autre force mécanique : il en est de même de la persistance de la sensation. Si donc on ne veut voir dans le souvenir que la simple persistance de l’action sensorielle, il faut se rappeler que la sensation n’est pas un simple état passif, mais une tendance à réagir, et que par conséquent cette sensation conservée ne peut être qu’une tendance qui persiste.

On va mieux comprendre d’ailleurs ce qu’il faut entendre par cette tendance, en voyant le rôle important que l’auteur attribue au sentiment dans le fait de la reproduction. Le sentiment {Gefühl) est à ses yeux la cause de l’action suspensive qui tient les représentations à l’état inconscient et est de même « le véhicule des associations d’idées, c’est-à-dire la cause de leur retour à la conscience. » « Le fondement du fait de la conservation des résidus, c’est une tendance persistante, — une tendance persistante au mouvement, — une tendance à répondre à une excitation déterminée par un mouvement déterminé. Cette nature essentielle du souvenir (la persistance d’une tendance au mouvement), bien qu’elle soit souvent voilée, se révèle à nous dans certains cas d’une manière frappante. Beaucoup de souvenirs sont accompagnés de mouvements : si je me représente un citron, il se produira, à l’idée de mordre dans ce fruit, une sécrétion salivaire qui peut être considérée comme équivalente à un mouvement, etc.

Il ne peut être ici question, naturellement, que des cas les plus simples, c’est-à-dire de ces formes de sentiment qui accompagnent les sensations et sont suivies de mouvements. Quant aux formes supérieures, ainsi que les idées purement théoriques, elles se dérobent à