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comme les processus physico-chimiques : ils ne peuvent, à notre connaissance du moins, se passer que dans le corps animal ou humain. Pour l’activité psychique, le corps n’est donc pas une détermination accidentelle dans l’espace ; c’est la forme réelle et nécessaire, la cause, la fin de l’âme, son intermédiaire indispensable. » (P. 58, 59). — « Une psychologie, dit encore M. Horwicz, qui entreprend d’utiliser les grandes découvertes de la physiologie pour la connaissance de l’âme doit étendre les données de l’expérience à ce domaine tout entier. Elle ne doit pas se contenter, comme les anciennes psychologies, empiriques ou spéculatives, de juxtaposer simplement les faits ou de les expliquer par une construction à priori. Pour prendre un cas particulier, il ne suffit pas à notre but de constater que nous avons des sensations que nous rapportons à des objets hors de nous (sens) et d’autres sensations que nous rapportons à l’organisme et à ses états (sens organique) ; mais il nous faut connaître, si c’est possible, les conditions, organiques ou autres, qui produisent ces deux ordres de sensations. » (P. 100.)

Cet emploi constant de la méthode physiologique est ce qui caractérise le plus l’ouvrage de M. Horwicz. Les processus qui paraissent non psychiques sont pour lui le type le plus simple, la forme anticipée des processus psychiques. (P. 201.) « Le schéma le plus simple de la fonction nerveuse est aussi le schéma le plus simple de la vie psychique. On me pique la peau de la main, je la retire immédiatement. Dans ce cas nous avons une sensation et une impulsion au mouvement, si l’on n’ose dire une volition. Tout cela est continu et si simple, si mécaniquement nécessaire en apparence, qu’on a voulu quelquefois le retrancher du domaine de l’âme, mais sans aucun fondement. »

L’auteur fait ressortir avec quelque détail l’analogie qui existe entre la nutrition physiologique et la sensation, l’élaboration des matériaux bruts, leur transformation en jugements, raisonnements, etc. Un rapprochement plus curieux entre les données de la physiologie et celles de la psychologie consiste en ce que Horwicz appelle les oppositions polaires. Nous voyons tout le système nerveux dominé par la grande opposition du sensible et du moteur, de l’activité centripète et de l’activité centrifuge. Quelque chose d’analogue se constate en ce qui concerne les processus psychiques : au fond de leurs diverses formes, il y a aussi une opposition fondamentale. Nous remarquons des oppositions telles que : excitation, mouvement, — sensation, impulsion, — connaissance, sentiment, — etc., qui appartiennent soit à la sphère nerveuse, soit à la sphère psychique, soit aux deux. Mais toutes ces oppositions se ramènent à une seule qui