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Page:Revue philosophique de la France et de l’étranger, tome I, 1876.djvu/60

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forces spasmodiques deviennent moins apparentes, il y a accroissement de l’énergie totale.

Si on se place à ce point de vue pour examiner les faits, on peut poser quelques questions intéressantes relativement aux différentes races humaines. Avec quels autres caractères, outre le degré d’évolution mentale, la tendance impulsive est-elle en rapport ? En dehors de la différence provenant de l’élévation de type, les races du nouveau monde semblent être moins promptes aux impulsions que les races de l’ancien monde. Cela est-il dû à une apathie constitutionnelle ? Peut-on indiquer un rapport (toutes autres choses étant égales) entre la vivacité physique et l’impulsion mentale ? Quel rapport y a-t-il entre ce caractère et l’état social ? Il est évident qu’une nature emportée, celle du Boschiman par exemple, est peu faite pour l’union sociale ; en règle générale l’union sociale, engendrée par quelque moyen que ce soit, agit comme un frein sur l’impulsion. Quel rôle relatif jouent pour arrêter l’impulsion les sentiments qu’engendre l’état social, tels, par exemple, que la crainte des voisins, l’instinct de sociabilité, le désir d’accumuler des richesses, les sentiments de sympathie, le sentiment de la justice ? Ces sentiments qui ne peuvent se développer que dans un certain état de société, impliquent tous l’idée de conséquences plus ou moins éloignées, et impliquent par conséquent aussi un frein sur l’élan des passions les plus simples. De là les questions suivantes : dans quel ordre, en quel degré et sous quels rapports ces sentiments agissent-ils ?

On peut ajouter une autre recherche générale de nature différente. Quel effet le mélange des races produit-il sur la nature mentale ? Il y a des raisons de croire que dans le règne animal tout entier, l’union de variétés très-éloignées les unes des autres a de déplorables conséquences physiques, tandis que l’union de variétés, voisines a des conséquences physiques avantageuses. En est-il de même pour la nature mentale ? Quelques faits semblent prouver que le mélange des races humaines très-dissemblables produit un pauvre type mental, c’est-à-dire une intelligence qui n’est appropriée ni au genre de vie de la race la plus élevée des races ni à celui de la race inférieure ; une intelligence, en un mot, qui se trouve en dehors de toutes les conditions de la vie. Nous trouvons, au contraire, que le mélange de peuples issus de la même grande famille, mais qui sont devenus quelque peu différents par suite de leur résidence, pendant de nombreuses générations, dans des milieux différents, produit un type mental offrant certaines supériorités. M. Smiles, dans son ouvrage sur les « Huguenots », fait remarquer qu’un nombre considérable des hommes distingués de l’Angleterre descendent de réfugiés français et fla-