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Page:Revue philosophique de la France et de l’étranger, tome I, 1876.djvu/507

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HORWICZ. — DÉVELOPPEMENT DE LA VOLONTÉ

sont intimement liées aux sentiments intellectuels, et par la ténacité avec laquelle elles poursuivent leur but, elles se rattachent aux sen­timents moraux supérieurs ainsi qu’aux développements secondaires de la crainte et de l’espérance, de la joie et de la douleur, etc., ou plutôt elles en constituent à proprement parler le fond et en tirent, comme la plante par mille fibrilles, une nouvelle force, un nouveau stimulant. Elles sont durables, tandis que le désir était passager ; elles sont le sous-courant fort et constant, tandis que celui-ci pro­duit la légère ondulation de la surface. Si nous considérons encore brièvement le processus par lequel la maxime se développe, nous verrons qu’en général, comme nous l’avons dit, l’habitude (éduca­tion, usage) exerce sur elle une influence essentielle. Mais la lutte entre plusieurs désirs pour arriver à la suprématie, s’accomplit par­ticulièrement dans la réflexion qui s’élève par tous les degrés et toutes les nuances possibles, du doute timide et de l’essai prudent jusqu’à son terme définitif, la résolution. — La tendance réfléchie est donc à son tour beaucoup plus près de l’unité que les phases précédentes ; on pourrait même dire qu’elle est déjà une unité com­plète, que la maxime doit nécessairement déjà exister dans le con­cept à l’état d’unité intellectuelle. Elle l’est aussi en réalité et elle conserve ce caractère à la longue. Mais elle n’existe pas à l’état isolé. Aucun homme, du moins aucun homme normal, ne vit d’une seule maxime. Ces principes supérieurs, ces règles, si nous y regar­dons de près, sont en fin de compte très-nombreuses. Elles aussi luttent dans toutes les circonstances données pour la suprématie. Entre elles aussi, comme entre les désirs, c’est la délibération, la réflexion qui décide, et la puissance de l’habitude fait pencher la balance.


IV. — Volonté.

Avec la résolution, qui met un terme à la délibération, nous en­trons dans le dernier stade, celui de la volonté. La délibération, quoiqu’étant le symptôme d’un désir sérieux, est encore loin d’être un véritable acte de la volonté. Celui qui délibère ne veut pas encore, il voudrait. Nous pouvons parler de la volonté partout où a eu lieu une délibération, et, à sa suite, une détermination, une résolution. Dans un sens restreint le désir a donc déjà sa volonté, de même que celle-ci se développe dans la formation de la maxime. Cependant dans le vrai sens du mot, la volonté ne commence à se manifester qu’au moment où non-seulement les actions les plus importantes de