Ouvrir le menu principal

Page:Revue philosophique de la France et de l’étranger, tome I, 1876.djvu/487

Cette page n’a pas encore été corrigée



DISAMIS

Quelque A est C :

or tout A est B :

donc quelque B est C.

BOCARDO

Quelque A n’est pas C :

or tout A est B :

donc quelque B n’est pas C.

DATISI

Tout A est C :

or quelque A est B :

donc quelque B est C.

FERISON

Nul A n’est C :

or quelque A est B :

donc quelque B n’est pas C.

Aucun des quatorze modes admis par Aristote n’a donc besoin de démonstration, puisqu’il n’y en a aucun qui ne soit aussi clair par lui-même que les conséquences immédiates dont on pourrait se servir pour le démontrer. On ramène, dit-on, la seconde figure à la première par la conversion de la majeure : mais on n’applique cette règle qu’aux modes Cesare et Festino, dans lesquels la majeure est une universelle négative, de sorte que cette prétendue conversion est, en réalité, une contraposition. On ne pouvait songer, dans les modes Camestres et Baroco, à convertir la majeure, qui serait devenue particulière, et n’aurait pu dès lors jouer le rôle de majeure dans la première figure : on s’est tiré d’affaire, pour Camestres, en renversant d’abord l’ordre des prémisses, puis celui des termes dans la mineure devenue la majeure, pour le renverser de nouveau dans la conclusion. Mais le même expédient ne pouvait servir pour Baroco, dont la mineure et la conclusion sont des particulières négatives : on a donc cru devoir renoncer ici à toute démonstration directe, et l’on s’est borné à démontrer, en Barbara, que la fausseté supposée de la conclusion entraînerait celle de la mineure. On se serait épargné tous ces embarras, si l’on avait remarqué que la prétendue conversion de la majeure négative, dans les modes Cesare et Festino, n’était autre chose qu’une contraposition : car on aurait été conduit par là à contraposer aussi, comme