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Page:Revue philosophique de la France et de l’étranger, tome I, 1876.djvu/432

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psychologie. De plus, cet exposé historique ne permet pas de saisir le caractère fondamental de cette « neue Psychologie » dont il est si souvent question dans Wundt, Horwicz, Brentano, etc., et qui signifie une psychologie sans métaphysique.

Évidemment, la méthode éclectique de l’auteur qui veut à la fois des faits et de la spéculation en dehors des faits, l’a embarrassé. Et il en est de même pour son essai sur les rapports de la psychologie avec les sciences naturelles, dont il est impossible de tirer quelques vues nettes.

Au contraire dans les questions qui, par leur nature, peuvent échapper à cette méthode en partie double, M. Fortlage met à contribution les travaux scientifiques et en fait bon usage. Tels sont en particulier les essais sur les perceptions musicales. Nous signalerons aussi l’essai 12e, « Sur les formes psychiques fondamentales de l’animalité. » L’auteur les étudie chez l’homme et les diverses races humaines, chez les mammifères, les oiseaux, les amphibies et les poissons, puis chez les invertébrés.

Les dernières parties de l’ouvrage sont consacrées à des questions d’un ordre purement spéculatif : sur l’intuition à priori du temps et de l’espace, sur la définition de l’âme et du moi, sur l’immortalité, etc. Bref, suivant l’expression de Fortlage, c’est une psychologie spéculative d’après les principes de la Doctrine de la science. La conclusion ne contient rien de bien neuf. Elle consiste en considérations sur la nature de l’homme qui appartient à deux mondes, celui de la nécessité et celui de la liberté. Mais elle ne nous dit pas comment on peut, à juste titre, confondre deux choses aussi disparates que des questions de fait et d’expérience et des spéculations transcendantes sur l’essence et l’immortalité.

Actuellement, après ce qui a été fait en psychologie durant ces dernières années, il faut ou bien procéder scientifiquement, s’en tenir à l’étude des faits tout seuls, ce qui est déjà une lourde lâche — ou bien se faire résolument métaphysicien, c’est-à-dire n’emprunter à l’expérience que ce qui est conforme au système qu’on soutient et propre à lui donner un semblant d’appui. Entre la psychologie naturelle et la psychologie métaphysique, il faut choisir.

Th. Ribot.




HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE


Miss Helen Zimmern. La vie de Schopenhauer (Arthur Schopenhauer, his life and his philosophy), Longmans, 1876.

Il a paru, dans ces derniers temps, un assez grand nombre de publi-