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Page:Revue philosophique de la France et de l’étranger, tome I, 1876.djvu/397

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diffèrent l’un de l’autre ; leurs lois de formation ne sauraient être identiques. Pourtant, si l’on élimine les différences qui les distinguent, on trouve en eux un grand nombre de dispositions organiques communes. Nous sommes ainsi conduits à déclarer que chacun d’eux est le produit d’au moins deux groupes de lois distinctes : les unes communes à tous, origine des ressemblances ; les autres propres à chacun, origine des différences. Un turbot respire par des branchies, un chien et une poule par des poumons cloisonnés, une couleuvre, par des poumons à peu près lisses, un axolotl d’abord par des branchies, plus tard par des poumons. Outre un grand nombre d’autres différences moins importantes, voilà des caractères qui empêchent de fondre en une seule les idées que nous nous faisons de ces cinq individus. Pourtant, si l’on néglige ces différences, on trouve chez chacun d’eux un certain nombre de caractères morphologiques communs, en particulier, la disposition du système nerveux central. On est par là conduit à conclure que dans tous les poissons, dans tous les oiseaux, dans tous les mammifères, dans tous les reptiles et dans tous les batraciens, une loi générale, cause des ressemblances fondamentales, combine son action avec celle de lois moins générales, causes des différences particulières à chaque groupe.

C’est d’après les révélations de l’anatomie comparée, que Cuvier a construit son système naturel du règne animal. Il commence par y établir quatre grandes divisions, car l’anatomie comparée apprend « qu’il existe quatre formes principales, quatre plans généraux, si l’on peut s’exprimer ainsi, d’après lesquels tous les animaux semblent avoir été modelés, et dont les divisions ultérieures, de quelque titre que les naturalistes les aient décorées, ne sont que des modifications[1]. » Ces divisions principales sont les embranchements. Qu’on accepte les embranchements de Cuvier, ou qu’on y joigne avec Blainville et d’autres un cinquième groupe, celui des Amorphozoaires, on conviendra que ce ne sont pas là des coupes artificielles, mais des délimitations du domaine propre à chacune des lois les plus générales qui concourent à la détermination morphologique des animaux. Chaque embranchement se divise en classes. Chaque classe est caractérisée par une structure particulière des organes de la respiration et de la circulation. Cela signifie que la loi de laquelle résulte la disposition du système nerveux propre à tous les représentants d’un embranchement peut se combiner et se combine en effet avec des groupes de lois moins étendues qui déter-

  1. Règne animal.