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Page:Revue philosophique de la France et de l’étranger, tome I, 1876.djvu/282

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plus difficile à déterminer. On y parvient, cependant, par des dispositions expérimentales qui compliquent ou qui facilitent l’acte de la perception et l’acte de la réaction et qui permettent d’attribuer les variations de durée tantôt au premier acte psychologique, tantôt au second. Il y a un dernier desiratum qui exige de nouvelles recherches souvent impossibles : décomposer la durée de la réaction en deux durées, celle de l’aperception, celle de la volition.

La position du problème étant ainsi bien établie, entrons maintenant dans le détail des expériences et de leurs résultats. On peut grouper sous les titres suivants, les différents cas exposés par M. Wundt :

1° Impression connue, mais non déterminée quant au temps de son apparition ;

2° Impression connue et déterminée quant au temps;

3° Impression ni connue ni déterminée quant au temps ;

4° Impression accompagnée ou suivie d’une impression tantôt semblable, tantôt différente ;

5° Série régulière de perceptions dans laquelle on en intercalle une nouvelle ;

6° Mélange d’états internes et de perceptions, permettant de mesurer la durée des actes psychiques pendant la reproduction.

I. Examinons le premier cas. Le sujet en expérience sait qu’il doit éprouver une sensation tactile, visuelle ou auditive : toute son attention est concentrée sur un seul point indéterminé, l’instant de son apparition. En ce cas , le temps physiologique est d’environ 1/5 de seconde. Il est un peu plus court que les impressions de tact et de son que pour celles de la vue. Les expériences de Wundt lui ont donné les nombres suivants :

Son 0,167 ou environ 1/6
Tact 0,213 1/5
Lumière 0,222 1/5

Les chiffres moyens trouvés par d’autres observateurs, Hirsch, Hankel, Exner, sont :

Son 0,149 0,1505 0,1360
Tact 0,182 0,1505 0,1360
Lumière 0,200 0,105 0,1360

Mais, comme le fait remarquer Wundt, les excitants employés pour produire ces trois ordres de sensation sont loin d’avoir la même intensité. Nous n’avons aucun moyen de comparer des choses aussi disparates qu’un bruit, et une étincelle électrique. Peut-être cepen-