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L’âge a une influence. Exner a trouvé le minimum de durée = 0” 1295 chez un jeune homme de vingt-deux ans ; et le maximum = 0” 9952 chez un vieillard de soixante-seize ans.

L’ngestion de substances toxiques ou excitantes (morphine, thé, café) n’a pas eu d’influence. Cependant, dans l’état d’ivresse, la réaction est très-ralentie (environ 0” 4), quoique le sujet ivre s’imagine réagir plus vite qu’à l’état normal.

Aux expériences d’Exner, il faut joindre celle de Wundt. Dans ses Grundzüge der physiogischen psychologie, il a résumé les travaux de ses devanciers en y ajoutant les siens. C’est lui que nous allons suivre pour guide dans cette exposition. Nous aurons, en effet, l’avantage assez rare en pareille matière de trouver chez lui à la fois les données physiologiques et leur interprétation psychologique.


II


Il nous faut tout d’abord remarquer que le temps qui s’écoule entre l’excitation et la réaction est consacré à plusieurs phénomènes de nature diverse. Exner, qui en a fait une analyse très-minutieuse, décompose cette durée totale en plusieurs moments :

1° Le temps nécessaire pour que la force d’excitation se transforme en force nerveuse (temps nul, quand le nerf est excité directement).

2° Le temps que met l’excitation à se transmettre par le nerf à un centre nerveux.

3° Le temps consacré par l’excitation à traverser la moelle (temps nul pour les nerfs crâniens).

4° Le temps nécessaire pour la transformation, dans les centres, de l’impression en excitation motrice.

5° Le temps mis par l’excitation motrice à parcourir la moëlle.

6° Le temps qu’elle met à parcourir le nerf moteur.

7° Le temps requis pour produire la contraction musculaire.

Entre ces divers éléments celui qui nous importe est le quatrième. Les autres sont connus, déterminés, sauf le premier qui n’a pu être étudié que sur la rétine et sans résultat concluant.

M. Wundt qui a fait également une analyse du temps physiologique, montre que, pour la psychologie, ces divers éléments peuvent se ramener à deux moments principaux[1]. Le temps physiologique, dans sa totalité, comprend : 1° la transmission par les nerfs aux centres, 2° l’entrée dans le champ visuel de la conscience ou percep-

  1. Grundzüge der physiologischen Psychologie, ch. xix.