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Shadworth Hodgson. Philosophie et Science. — Quel rapport existe-t-il entre ces deux ordres de connaissances ? L’auteur trouve sur ce point quatre solutions : 1° la philosophie consiste en un travail préliminaire de conjecture qui doit être remplacé définitivement par le travail scientifique. 2° La philosophie a pour objet la systématisation et la coordination des sciences ; C’est la thèse d’A. Comte. 3° Elle a pour objet la découverte de l’existence absolue, d’où les sciences doivent être déduites à leur tour (Hegel). 4° La philosophie a une tâche négative à remplir : écarter de la science toutes les entités ontologiques (Lewes). L’auteur soutient une cinquième opinion, différente de celles qui précèdent : la philosophie est la réponse à cette question : Qu’est-ce que l’existence ?

Cet article doit être continué.

La Philosophie à Oxford, par Mark Pattison, recteur de Lincoln-College, est un exposé intéressant de l’état actuel de la philosophie universitaire. L’auteur n’en fait pas un portrait bien encourageant. Après avoir montré que tout le mouvement philosophique anglais a lieu en dehors des universités, il attribue la stérilité de celles-ci : 1° à l’influence prépondérante et intolérante de l’Église ; 2° à une organisation vicieuse qui fait des études philosophiques un simple appendice des humanités. Aussi, toute la philosophie universitaire — c’est de l’Angleterre qu’il s’agit — s’est réfugiée dans la littérature. Oxford, dans ces derniers temps, n’a contribué que par des éditions et des traductions. La traduction de Platon par Jowett ; l’édition de Hume par Green et Grose ; la traduction de la Logique de Hegel par Wallace, et la Théologie naturelle (Réfutation du scepticisme actuel) par le Rév. Jackson.

M. Bain publie un premier article Sur la. Vie de James Mill, plein de faits et de détails qui ne peuvent être analysés ici.

Ce numéro est complété par des analyses critiques, des notes, des renseignements bibliographiques et par une revue très-bien faite des périodiques allemands.




es lecteurs qui s’intéressent aux discussions récentes sur la morale, pourront consulter non sans profiter l’article suivant dans la Contemporary Review, septembre 1875 : On the scientific basis of Morals : a discussion (Discussion sur la base scientifique de la Morale) entre W. K. Clifford, un anonyme et F. Harrison. (Traducteur anglais de la Politique positive d’A. Comte).

D’après M. Clifford, quelques remarques de Darwin (Descendance de l’homme, part. I, ch. 3) donnent une méthode pour traiter les problèmes moraux. Il ne peut y avoir une « science » de la morale qu’en prenant le mot science dans un sens très-vague. Cette science repose sur ces trois propositions : 1° les maximes de la morale sont hypothétiques ; 2° dérivés de l’expérience ; 3° elles supposent l’uniformité de la nature. La doctrine de l’auteur est celle des « conditions d’existence. » « Parmi