Ouvrir le menu principal

Page:Revue philosophique de la France et de l’étranger, tome I, 1876.djvu/168

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


des dispositions non moins favorables. Notre philosophie sait joindre à un idéalisme sage et modéré, un réalisme également contenu dans de justes bornes. On n’aura donc une esthétique véritable, qu’autant qu’ajoutant toutes ces qualités à celles qu’on ne peut refuser aux auteurs de ces théories, la profondeur et le génie des hautes spéculations, cet esprit aura su se les approprier et tirer au clair les élucubrations de la pensée allemande. C’est ainsi qu’il contribuera pour sa part à l’éducation esthétique de l’humanité. Les Allemands ont proclamé jusqu’ici l’esthétique une science allemande. Or, si le vrai caractère de toute science est l’universalité et l’impersonnalité, si par là elle doit échapper aux bornes de la nationalité, nous dirons que, tant que l’esprit français n’aura pas marqué celle-ci de son empreinte, elle ne sera toujours qu’une science allemande.

Ch. Bénard.