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Page:Revue philosophique de la France et de l’étranger, tome I, 1876.djvu/117

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ZEITSCHRIFT FUR PHILOSOPHIE UND PHILOSOPHISCHE KRITIK


Cette Revue, dirigée par MM. Fichte, Ulrici et Wirth, paraît tous les trois mois à Halle. Quiconque est un peu familier avec le mouvement philosophique de l’Allemagne contemporaine, devinera sans peine les tendances de cette Revue d’après les noms de ses principaux rédacteurs : Fichte et Ulrici ont publié sur la psychologie, l’anthropologie, la morale, la théologie naturelle, un assez grand nombre d’ouvrages qui les rapprochent beaucoup de l’école appelée, en France, spiritualiste. En 1876, cette Revue entre dans sa 40e année.

Le Zeitschrift für Philosophie fait aux articles de fond une part plus large que les Monatshefte : les analyses et les comptes-rendus se trouvent réduits par là même. Parmi les travaux publiés ou continués dans le courant de 1875 et qui par leur étendue constituent de véritables ouvrages, nous signalerons :

J. Wolff. La dialectique platonicienne, sa nature et sa valeur pour la connaissance de l’homme.

Dorner. Sur les principes de la morale de Kant.

En outre :


articles originaux


Grapengieszer. La déduction transcendentale de Kant et de Fries, d’après les travaux de Bona Meyer, Liebmann, Kuno Fischer, E. Zeller, H. Cohen, E. Montgomery. — Varnhagen d’Ense raconte que Kant, en l’année 4797, lui dit : « Je suis venu un siècle trop tôt ; mais, dans cent ans, on commencera à me bien comprendre, on étudiera de nouveau mes écrits et on les tiendra pour vrais. » L’auteur de l’article fait remarquer que ce moment est arrivé et il conclut « que la méthode et la doctrine générale de Kant et de Fries doivent rester pour tous les temps le fondement inébranlable de la philosophie allemande. »

Lœve. De la genèse simultanée du langage et de la pensée. — Critique des théories du xviiie siècle qui considéraient le langage comme une invention. Influence des travaux de la linguistique sur celle question. Nécessité de bien distinguer la représentation {Vorstellung) de la pensée (Denken). La représentation se rencontre chez les animaux, elle peut être inconsciente, elle est régie par les lois de l’association, elle donne l’objet isolé, l’image. La pensée, au contraire, est une détermination libre et consciente du rapport des représentations entre elles ; elle consiste en jugements, en concepts généraux, abstraits. — La première peut exister sans le mot ; la seconde étant essentiellement un jugement, a besoin du mot. — Conclusion : « Le premier acte de pensée produit le premier concept, par le premier jugement, au moyen du premier mot. » On peut dire avec Rousseau que le langage est le cri de la