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Page:Revue philosophique de la France et de l’étranger, IV.djvu/597

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NOLEN. — LE MÉCANISME DE LANGE 587

métaphysiques qui prétendent pénétrer l'essence de la nature et découvrir par la vertu de purs concepts ce que l'expérience seule peut nous apprendre, le matérialisme est comme contre-poids un véritable bienfait. » — « L'homme sans doute a besoin de compléter le monde réel par un monde idéal, produit de sa création ; et les plus hautes comme les plus nobles fonctions de son esprit concourent dans de telles productions. Mais les produits de cette libre activité continueront-ils de se présenter sous la forme d'un savoir démons- tratif? Alors le matérialisme renaîtra toujours pour détruire ces audacieuses spéculations, et satisfaire le besoin d'unité de l'esprit par la synthèse qui dépasse le moins les données de la réalité et de la démonstration. »

Mais que la reconnaissance due à ses bienfaits ne nous fasse pas oublier « qu'il est, indépendamment de son insuffisance théorique pauvre en excitations, stérile pour l'art et la science, indifférent ou égoïste dans les rapports sociaux ».

La métaphysique du matérialisme n'est donc pas celle de Lange ; et nous avons dans un précédent article essayé de déterminer quelle pouvait bien être cette métaphysique. L'idéalisme moral et religieux de Fichte nous a paru le modèle dont il tendait le plus à se rap- procher.

D. Nolen.

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