Ouvrir le menu principal

Page:Revue philosophique de la France et de l’étranger, IV.djvu/397

Cette page n’a pas encore été corrigée



« sion sur notre sensibilité. Ce n’est donc pas assez de dire que le son, la couleur sont des processus dans le sujet : il faut ajouter que les mouvements qui les occasionnent n’ont pas du tout dans le monde extérieur le rôle qu’ils jouent à nos yeux par suite de leur action a sur nos sens. » L’optique et l’acoustique d’Helmholtz ont établi que les sens accomplissent des raisonnements inconscients. L’analyse de la fonction physiologique, que remplit la tache aveugle de la rétine, dans l’acte si complexe de la vision, en fournit un exemple curieux et décisif. Sans doute , pour Lange , ces raisonnements ne font que traduire, dans le langage de la pensée réfléchie, les résultats du mécanisme physique , et non le travail d’une pensée inconsciente, au sein de la matière, comme pour M. de Hartmann.

Il résulte, en tout cas, des données de la nouvelle physiologie que la perception sensible suppose, entre les corps extérieurs et l’âme, l’intermédiaire de toute une série d’opérations organiques, analogues à des raisonnements ; et que le monde, vu du regard des sens, n’a pas plus de réalité objective, c’est-à-dire indépendante du sujet, que le monde vu à la lumière de la science expérimentale.

Le mécanisme de la physique et de la physiologie, dans ses découvertes les plus récentes, aboutit aux conclusions suivantes : « 1° Le monde des sens est un produit de notre organisme. — 2° Nos organes visibles (corporels) sont, comme toutes les autres parties du monde phénoménal, de pures images d’un objet inconnu. — « 3» Le fondement transcendant de notre organisation nous demeure aussi inconnu que les choses qui agissent sur elle. Nous n’avons jamais devant nous que le produit simultané de ces deux facteurs et inconnus. » L’idéalisme reçoit donc de la science sa plus éclatante confirmation.

« C’est ainsi qu’il n’est plus possible d’affirmer aucun matérialisme d’aucune sorte. Quoique notre science, qui ne porte que sur « les intuitions sensibles, doive aboutir inévitablement à découvrir, « pour chaque mouvement spirituel, des processus correspondants « dans la matière, cette matière pourtant, avec tout ce qui s’en tire, « n’est qu’une abstraction des images fournies par notre représentation. Le combat entre le corps et l’esprit est ainsi terminé en a faveur du second : et la véritable unité de la réalité est par là « démontrée. Tandis que c’est pour le matérialisme une difficulté « insurmontable, d’expliquer comment le mouvement matériel peut « devenir un mouvement conscient, nous ne trouvons plus, au contraire, la moindre difficulté à concevoir que toute notre représentation de la matière et de ses mouvements soit le résultat d’une