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Page:Revue philosophique de la France et de l’étranger, IV.djvu/387

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STRASZEWSKI. — LA PSYCHOLOGIE EST-ELLE UNE SCIENCE? 377

ni pour l'ethnographie, ni de même pour la Culturgeschichte , que l'une ou l'autre de ces sciences soit dépourvue d'un objet à part, limité et distinct. Ce sont, au contraire, trois sciences différentes, mais qui s'entre-aident et se complètent mutuellement d'une manière semblable à celle que nous avons déjà démontrée plus haut par rapport à la physiologie.

L'ethnologie et la Culturgeschichte fournissent à la psychologie les matériaux nécessaires à des études comparées et à la découverte de propriétés importantes de la vie psychique de l'individu, que la conscience, à elle seule, n'aurait jamais pu lui procurer. En re- vanche, les lois de la vie psychique dévoilées par la psychologie, peuvent être d'une grande utilité à l'ethnologie ou à la Culturgesi chichte — et leur donner la clef de plus d'une énigme qu'elles auraient vainement tenté de résoudre, de même que les lois fonda- mentales des fonctions de la cellule organique fournissent au phy- siologiste des éclaircissements précieux sur tel ou tel autre phéno- mène de la vie organique. C'est donc dans le but des recherches qu'il faut chercher la différence capitale entre la psychologie et l'ethnologie ainsi que la Culturgeschichte.

L'attitude de la psychologie vis-à-vis de l'ethnologie et de la Culturgeschichte , ainsi que des sciences sociales en général, se laisse encore déterminer de la manière suivante : toutes les sciences sociales fournissent à la psychologie les matériaux nécessaires à Y induction, tandis que les lois fondamentales de la psychologie peu- vent, en revanche, leur servir de base de déduction. La psychologie occupe, dans le domaine des sciences morales, une position sem- blable à celle qui a échu en partage à la mécanique dans celui de la physique. Toutes les branches de la physique tendent définitivement vers la réduction des phénomènes aux lois générales du mouvement. Les sciences morales devraient s'imposer une tâche semblable et réduire les phénomènes de la vie et du développement social aux lois les plus générales de la vie psychique. L'explication des phéno- mènes de la vie collective devrait nous satisfaire, aussi bien que celle des phénomènes de la nature basée sur les principes de la mé- canique; mais la psychologie ne s'enquiert nullement de ce qui résulte des lois psychiques dans la vie collective des individus, elle lui emprunte seulement les traits qui lui sont nécessaires pour motiver les lois qu'elle a posées. Dans ce cas également, l'obser- vation intérieure ne cesse d'être le critérium définitif auquel tout se réfère ; et s'il se trouve des savants qui identifient et confondent les recherches ethnologiques avec les recherches psychologiques, cela provient peut-être de ce qu'ils ne se rendent pas compte de la valeur tome iv. — 1877. 25

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